Selon la police thaïlandaise, l’homme de 27 ans arrêté samedi 7 août pour le meurtre d’une touriste suisse est un suspect légitime et non un bouc émissaire.
Mise à jour au 9 août : contrairement à ce qui est dit dans cet article, le tueur nie avoir violé sa victime, voir :
Tuée pour 7 euros, les aveux du tueur de la Suissesse à Phuket en Thaïlande
Le suspect a été identifié comme étant Teerawat Thothip, un résident du district de Thalang à Phuket.
L’homme a avoué avoir tenté de violer Nicole Sauvain-Weisskopf mais affirme qu’il n’avait pas l’intention de la tuer.
Il a fini par la tuer en l’étranglant et en lui plongeant la tête dans l’eau après qu’elle ait résisté, selon une source policière.
L’homme, qui vit dans la région, s’était rendu dans la zone pour ramasser des orchidées sauvages et avait repéré la femme.
Le suspect, connu localement sous le nom de « Bang Lee », a déclaré aux enquêteurs avoir repéré la touriste lorsqu’il s’est rendu à la cascade.
Teerawat a avoué, selon la police.
Il a dit qu’il était excité et l’a attrapée, mais la femme a résisté.
Ils se sont battus, et il lui a enfoncé la tête dans l’eau jusqu’à ce qu’elle meure, puis il a fui la scène, selon la source.
Une vérification des antécédents criminels a montré que l’homme, un ancien kick boxeur professionnel, avait été arrêté l’année dernière et accusé de possession de stupéfiants.
Le chef de la police nationale, Suwat Jangyodsuk, s’est rendu à Phuket vendredi avec une équipe d’enquêteurs pour superviser l’affaire, le premier incident grave à être signalé depuis le début du programme Bac à sable le 1er juillet.
Il a déclaré hier aux journalistes que les agents avaient de « bonnes nouvelles » et que l’affaire était « bouclée ».
Il tiendra une conférence de presse à 10 heures aujourd’hui pour donner plus de détails.
La police accusée d’avoir trouvé un bouc émissaire
Compte tenu de la pression intense exercée sur la police pour résoudre l’affaire, de nombreux internautes ont émis l’hypothèse que les policiers chercheraient à trouver rapidement un bouc émissaire.
Nanthadet Yoinuan, chef adjoint de la région 8 de la police provinciale, a déclaré que ce n’était pas le cas, car les enquêteurs avaient obtenu des preuves solides.
Mme Sauvain-Weisskopf, 57 ans, chef adjoint du protocole de l’Assemblée fédérale suisse, a été retrouvée morte, vêtue seulement d’un T-shirt et d’une veste, à la cascade de Tone Ao Yon, dans le sud de Phuket, jeudi après-midi.
La femme était arrivée à l’aéroport de Phuket le 13 juillet en tant que touriste dans le cadre du programme Bac à sable de Phuket, lancé le 1er juillet.
Ce programme permet aux touristes étrangers vaccinés d’éviter la quarantaine de 14 jours dans une chambre d’hôtel.
La police a commencé à traquer le suspect, qui vivait non loin du lieu du meurtre, car il avait été filmé par une caméra de sécurité au volant d’une moto près du lieu du crime, a indiqué la source.
Avant son arrestation, les policiers ont repéré l’homme qui conduisait la moto.
Ils ont donné la chasse pour simplement saisir la moto pour inspection.
Cependant, lorsque les policiers ont poursuivi l’homme jusqu’à son domicile, ils ont réalisé qu’il s’agissait en fait de celui qu’ils recherchaient, a indiqué la source.
Des échantillons d’ADN ont été prélevés sur le suspect et envoyés pour inspection à Bangkok afin de les comparer avec des échantillons d’ADN prélevés sur le corps de la victime.
Nanthadet Yoinuan, commissaire adjoint de la région 8 de la police provinciale, a insisté sur le fait que la police dispose de preuves solides pour poursuivre l’affaire.
La sécurité des touristes va être renforcée
Pendant ce temps, la sécurité à Phuket sera renforcée selon le chef de la police.
Une enquête a été menée pour identifier les attractions touristiques de Phuket qui pourraient ne pas être suffisamment sécurisées.
Elles seront fermées temporairement en attendant que la sécurité soit renforcée, tandis que les contrôles des visiteurs de la station balnéaire au principal point de contrôle de sécurité seront renforcés, a déclaré Suwat.
Plus tôt, la police avait publié la chronologie des activités de la victime depuis son arrivée à Phuket, qui s’est terminée par une marche de 18 minutes, seule, depuis son hôtel près de la plage d’Ao Yon jusqu’à la cascade, située à environ 1,4 km, mardi.
Après avoir trouvé le corps, ils ont emmené quelques personnes pour les interroger.
L’une d’entre elles avait un comportement suspect et présentait des ecchymoses sur le corps.
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1 commentaire
La personnalité de la victime et sa position officielle comme personnalité attachée à la diplomatie internationale ont conduit les enquêteurs à faire preuve de zèle et à rechercher l’agresseur avec tous les moyens disponibles, ce qui n’est malheureusement pas le cas pour toutes les affaires de ce genre.
De plus, l’importance de cette médiatisation en Asie et en Europe dans le contexte de la réouverture du pays au tourisme international donne une image catastrophique de la sécurité des personnes qui viennent visiter la Thaïlande.
Phuket n’en est pas à la premiére affaire de ce type sur l’île, il y a eu des antécédents…
Il est remarquable de constater que les enquêteurs insistent fortement dans leurs déclarations sur le fait qu’il s’agit cette fois, d’un « vrai suspect » et non pas d’un bouc émissaire ; reconnaissant tacitement que dans d’autres affaires de viols et / ou de meurtre avec violence sur la personne de femmes « farangs », la désignation d’un bouc émissaire comme coupable présumé (amené ensuite sous la contrainte à signer des aveux, quitte à « fabriquer » des indices et des preuves de culpabilité) sont des scénarii plausibles afin de ne pas ternir l’image de la population thaïlandaise.
Le viol et le meurtre d’une jeune femme jamais élucidé et déclaré finalement comme « accident », d’une japonaise de 27 ans en 2007…
L’affaire est toujours en cours (!!!) le meurtre d’une jeune fille anglaise de 23 ans, sur l’île de Koh Tao en 2014, le meurtre d’un jeune français, retrouvé les mains liées derrière le dos, officiellement qualifié de « suicide » !!!…
Il y a quelques années, la tentative de viol de la compagne d’un jeune homme anglais suivi du meurtre des deux jeunes gens, de nouveau à Koh Tao en sont des exemples parmi une liste de plusieurs dizaines de meurtres perpétrés sur des étrangers en vacances lors de 15 dernières années…
A l’époque de ces faits, on a constaté une diminution sensible de l’ordre de 15 à 20 pour cent des arrivées de touristes dans les semaines et les mois qui ont suivi ces affaires macabres, soulignant l’impact certain de ces événements tragiques sur l’image de la Thaïlande, vantée pour son accueil et sa tolérance vis-à-vis des touristes étrangers…
Ces cas extrêmes dont les mobiles principaux sont les violences sexuelles et le vol d’argent ou de bijoux, restent relativement rares et isolés…
N’empêche qu’un seul cas est un cas de trop, surtout quand vous en êtes la victime.
Dans le cas de cette dame de 57 ans, les tests ADN seront décisifs comme preuve de la culpabilité du principal suspect, cet homme de 27 ans, vu en motobike, roulant sur la route empruntée par la victime et habitant la région.
Un des responsables de la police a déjà fait des déclarations au Bangkok Post, disant que l’affaire était « bouclée »…en 24h !!!
Ils n’iront pas chercher plus loin… en plus, selon les déclarations des policiers, il a avoué…
La médiatisation internationale de cette nouvelle affaire exigeait une réponse rapide et une enquête menée tambour battant pour trouver un suspect et le confondre…
Apparemment, la police tient là un présumé coupable que les faits et les aveux accusent indéniablement.
Cela permettra de redorer quelque peu l’image de la police thaïlandaise qui ne se privera certainement pas de bomber le torse pour tenter d’occulter la corruption généralisée dans ses rangs depuis toujours et sous tous les gouvernements.
Le Premier Ministre Prayut Chan-O-Cha en a d’ailleurs reconnu l’existence lui même lors de son élection « civile » en 2018 en déclarant qu’il ferait de la lutte contre la corruption au sein des forces de police, du monde politique et des finances, une priorité absolue…
C’est un autre débat…