Le 26 août, la Thaïlande a approuvé des mesures autorisant les réfugiés birmans vivant dans des camps à la frontière à travailler légalement.
Face au départ de nombreux travailleurs cambodgiens suite au conflit entre les deux pays qui a créé une pénurie de main d’œuvre, le gouvernement thaïlandais a pris une décision importante saluée par l’ONU.
Pour beaucoup de réfugiés, ce sera le premier emploi officiel de leur vie.
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Une décision historique après des décennies de restrictions

Réfugiés birmans en Thaïlande. Photo : Human Right Watch
Environ 108 000 réfugiés vivent dans les neuf camps qui accueillent depuis les années 1980 les personnes fuyant les exactions de l’armée birmane.
Près de la moitié d’entre eux sont nés dans ces camps.
Cette politique concerne les réfugiés de neuf camps provisoires situés dans les provinces de Mae Hong Son, Tak, Kanchanaburi et Ratchaburi, où résident actuellement 77 718 personnes, dont 42 601 en âge de travailler.
Les réfugiés devront demander l’autorisation de quitter les camps et un permis de travail valable jusqu’à un an.
Pendant des décennies, le gouvernement thaïlandais a interdit aux réfugiés des camps de travailler légalement, de se déplacer librement ou d’accéder aux services publics, les laissant largement dépendants de l’aide étrangère.
Des camps marqués par le désespoir et la faim

Réfugiés birmans se baignant à la frontière thaïlandaise. Photo : VOA News
Le désespoir dans les camps a atteint son paroxysme cette année à la suite des réductions drastiques de l’aide américaine aux services alimentaires et de santé de base, les rations mensuelles ayant été réduites à 2,30 dollars américains, puis à zéro.
En juillet, Shayna Bauchner, chercheuse à la division Asie de Human Rights Watch, a discuté avec huit réfugiés qui lui ont confié se sentir désespérés et oubliés après avoir été confinés dans les camps pendant des décennies.
Tous étaient impatients de travailler à l’extérieur s’ils en avaient l’autorisation.
« Si nous pouvions obtenir un statut qui nous garantirait une protection, nous permettrait de vivre et de travailler librement et de gagner de l’argent, nous ne serions plus un fardeau pour la Thaïlande ou la communauté internationale », a déclaré l’un des réfugiés.
Un besoin urgent de main-d’œuvre en Thaïlande

Un ouvrier pose des pavés en Thaïlande. Photo : Somchai Poomlard
La décision du gouvernement intervient à un moment critique, non seulement pour les réfugiés, mais aussi pour la main-d’œuvre thaïlandaise.
Le pays fait face à une pénurie liée au vieillissement de la population, aggravée par l’exode d’au moins 100 000 travailleurs migrants cambodgiens, à la suite des récents affrontements à la frontière.
Les autorités thaïlandaises devraient veiller à ce que le processus de demande de permis soit transparent, accessible et rapide, et à ce que des mesures de protection soient mises en place pour éviter l’exploitation ou l’extorsion par des intermédiaires.
Si elle est correctement mise en œuvre, cette politique en matière d’emploi renforcera l’autonomie et l’indépendance des réfugiés.
Elle stimulera également les économies locales et pourrait constituer un modèle prospère et respectueux des droits pour les populations réfugiées ailleurs en Thaïlande et dans la région.
« En tant que jeunes, nous voulons gagner notre vie, nous voulons mettre à profit nos connaissances et nos compétences », a confié un autre réfugié.
« S’il y avait une chance pour nous de quitter le camp pour travailler, trouver un emploi et subvenir aux besoins de nos familles, je la saisirais. »
L’ONU salue la décision thaïlandaise

Le camp de Mae La, dans la province de Tak, créé en 1984, accueille environ 50 000 réfugiés de longue date, principalement des Karens, qui ont fui le conflit et l’instabilité en Birmanie. Photo : Organisation internationale pour les migrations
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a félicité le gouvernement thaïlandais pour sa décision d’accorder le droit de travailler aux réfugiés birmans résidant depuis longtemps en Thaïlande.
Jirayu Houngsub, porte-parole du cabinet du Premier ministre, a déclaré :
« Selon le HCR, l’approche de la Thaïlande reflète à la fois des principes humanitaires et un investissement stratégique dans l’avenir du pays ».
« En permettant aux réfugiés de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, ils peuvent contribuer à l’économie locale par leur consommation et la création d’emplois, ce qui favorise la croissance du PIB et la résilience économique nationale. »
« La Thaïlande est un pays qui accueille des réfugiés depuis plus de 50 ans.
Cette mesure pourrait servir de référence pour des solutions durables en matière de réfugiés dans la région. »
Voir aussi :
Pénurie de main-d’œuvre : la Thaïlande recrute désormais dans huit pays
La Thaïlande dénonce l’utilisation de civils cambodgiens pour créer des tensions
Lueur d’espoir pour les 90 000 réfugiés birmans dans des camps en Thaïlande
Source : Human Right Watch, Bangkok Post
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