Deux bombes larguées par l’armée birmane près de la frontière thaïlandaise ont endommagé au moins 17 maisons et plusieurs bâtiments publics en Thaïlande.
Les explosions, survenues le 31 octobre 2026 dans l’État Karen, ont provoqué des dégâts dans un village de la province de Mae Hong Son, où des familles ont quitté leur domicile par crainte de nouvelles frappes.
Deux bombes de 227 kg provoquent des dégâts en Thaïlande

Un trou dans une toiture en tôle témoigne des dégâts provoqués par les bombardements birmans du 31 octobre 2026, près du village de Mae Sam Laep, en Thaïlande. Photo : Bangkok Post
Les bombardements ont eu lieu samedi 31 octobre, vers 19 heures.
Ils visaient la base de Saw Lae Tha, tenue par l’Union nationale karen (KNU) en Birmanie, de l’autre côté du fleuve Salouen, face au village thaïlandais de Mae Sam Laep, dans le district de Sop Moei.
Selon les autorités locales, l’armée birmane a largué deux bombes de 500 livres, soit environ 227 kg chacune.
Au moment de la frappe, Pongpipat Meebenjamas, responsable de l’administration locale, supervisait des travaux au bord du fleuve.
Il a dû se mettre à l’abri avec les habitants voisins, tandis que les explosions projetaient des flammes et de la fumée jusque du côté thaïlandais.
Les ondes de choc et les éclats de bombes ont également atteint les bâtiments situés sur la rive thaïlandaise.
Lors d’une inspection menée le 1er novembre, les responsables du district ont constaté des vitres brisées, des murs fissurés et des plafonds endommagés dans au moins 17 habitations.
Plusieurs bâtiments publics ont été endommagés, notamment un centre de santé, un centre de la petite enfance et un bâtiment consacré aux services touristiques.
Une mosquée, un temple bouddhiste et une église chrétienne ont aussi été touchés.
Des familles fuient et les activités sont suspendues

Des responsables thaïlandais constatent les dégâts sur les portes vitrées d’un bâtiment à Mae Sam Laep, après les bombardements birmans du 31 octobre 2026. Photo : The Nation Thailand
Dimanche matin, le village de Mae Sam Laep présentait un visage inhabituel.
Les commerces situés le long du fleuve Salouen étaient fermés et les services de transport par bateau temporairement suspendus.
Craignant de nouveaux bombardements, plusieurs familles, notamment avec des enfants et des personnes âgées, ont préféré rejoindre des proches installés plus loin de la frontière.
Les autorités locales ont désigné l’école Ban Huai Kong Kat comme refuge d’urgence pour les habitants thaïlandais.
De leur côté, les services de sécurité ont préparé trois sites pour accueillir d’éventuelles personnes fuyant les combats en Birmanie.
Le jour même, l’armée thaïlandaise avait averti qu’une frappe était possible le long de la Salouen, sans en préciser le lieu.
Les bombes sont tombées avant que les responsables locaux aient pu transmettre cette dernière alerte aux villageois.
Les habitants avaient également reçu une consigne inhabituelle : éviter d’écouter de la musique trop fort afin de pouvoir entendre les avertissements et l’approche des avions militaires.
La Thaïlande appelée à renforcer la sécurité à la frontière

Des militaires thaïlandais surveillent la frontière birmane dans le district de Mae Sot, où les patrouilles ont été renforcées en raison des combats. Photo : Thai PBS World
Pongpipat Meebenjamas a dénoncé les conséquences répétées des opérations militaires birmanes sur les populations frontalières.
Selon lui, les habitants vivent dans la peur et les autorités thaïlandaises doivent prendre des mesures pour garantir leur sécurité.
Il demande notamment l’ouverture de discussions avec la Birmanie pour empêcher de nouvelles frappes à proximité immédiate du territoire thaïlandais.
Le responsable local propose d’interdire les bombardements le long de la frontière et de convenir de garanties communes pour protéger les populations des deux côtés.
Il réclame également la construction d’abris antibombes, afin que les habitants puissent se protéger rapidement en cas de nouvelle attaque.
Les autorités thaïlandaises chargées de la sécurité préparaient une lettre de protestation officielle à destination de la Birmanie.
La Thaïlande a également renforcé sa surveillance militaire dans le district de Mae Sot, dans la province voisine de Tak.
La force opérationnelle Ratchamanu a intensifié ses patrouilles nocturnes, mobilisant notamment trois compagnies d’infanterie et plusieurs unités spécialisées.
Ce déploiement vise à prévenir une éventuelle extension des combats birmans au territoire thaïlandais.
Une frappe liée au commerce frontalier selon la KNU
De son côté, la KNU affirme que l’armée birmane cherche à couper les voies d’approvisionnement et le commerce transfrontalier de sa 5e brigade.
Selon l’organisation karen, les militaires birmans avaient adressé le 31 août un courrier de mise en garde aux responsables frontaliers et aux commerçants thaïlandais, par l’intermédiaire du comité frontalier de Myawaddy.
Ce courrier leur demandait de cesser tout échange avec la KNU et tout transport de marchandises par le point de passage de Saw Lae Tha, sous menace de frappes aériennes.
Cette base avait été prise à l’armée birmane par les forces karens en avril 2021.
Cet incident illustre les conséquences de la guerre civile birmane pour les communautés thaïlandaises installées le long de la frontière, désormais exposées aux effets des bombardements malgré leur présence hors de la zone de combat.
Voir aussi :
- Panique en Thaïlande après la chute d’une bombe venue de Birmanie
- Combats en Birmanie : des tirs touchent la Thaïlande et font deux blessés
- Des combats en Birmanie débordent en Thaïlande : frontière sous tension
- La Birmanie frappe les centres d’escrocs et cause des dégâts en Thaïlande
Sources : Bangkok Post, The Nation Thailand, Khaosod English, Thai PBS World
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