Accueil Actualités en ThaïlandeThaïlande : deux condamnations à mort onze ans après l’attentat d’Erawan

Thaïlande : deux condamnations à mort onze ans après l’attentat d’Erawan

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Adem Karadag et Yusufu Mieraili, accusés de l'attentat du sanctuaire d'Erawan à Bangkok, escortés par les forces de sécurité thaïlandaises lors d'une audience judiciaire

Un tribunal thaïlandais a condamné à mort deux hommes ouïghours reconnus coupables de l’attentat du sanctuaire d’Erawan à Bangkok.

Le verdict a été rendu onze ans après cette attaque meurtrière qui avait frappé le cœur de la capitale thaïlandaise et fait 20 morts ainsi que 123 blessés.

La peine de mort prononcée contre les deux accusés

Le tribunal pénal du sud de Bangkok a rendu son jugement le jeudi 11 juin 2026 dans l’affaire opposant le ministère public à deux Ouïghours, Adem Karadag et Yusufu Mieraili.

Les deux hommes ont été reconnus coupables et condamnés à la peine de mort.

Le tribunal a estimé qu’aucune circonstance ne justifiait une réduction de peine pour les faits de meurtre avec préméditation retenus contre eux.

À l’issue de l’audience, Yusufu Mieraili a rejeté le verdict.

Il a crié son désaccord dans la salle d’audience, dénonçant un « manque de justice » et affirmant une nouvelle fois son innocence.

Il a également appelé à observer une minute de silence en signe de protestation.

Une attaque qui avait choqué la Thaïlande et l’Asie

Des policiers scientifiques inspectent les dégâts au sanctuaire d'Erawan à Bangkok au lendemain de l'attentat à la bombe du 17 août 2015

Des membres de la police scientifique thaïlandaise examinent la zone sécurisée autour du sanctuaire d’Erawan, le 18 août 2015. Photo : Christophe Archambault / AFP

L’attentat s’est produit le 17 août 2015 au sanctuaire d’Erawan, situé au carrefour de Ratchaprasong, dans le centre de Bangkok.

L’explosion d’une bombe de petite taille mais d’une grande puissance de destruction, remplie de billes d’acier, avait provoqué la mort de 20 personnes et blessé 123 autres.

Les victimes étaient originaires de plusieurs pays, dont la Thaïlande, la Chine, Hong Kong, la Malaisie, Singapour, le Japon, l’Indonésie, les Philippines, Oman et les Maldives.

Le sanctuaire d’Erawan était alors un lieu très fréquenté par les touristes, notamment les visiteurs venus de Chine.

Un procès marqué par de nombreux retards

L’affaire s’est étendue sur plus d’une décennie, mobilisant plus de 400 témoins à charge et 45 témoins de la défense, pour un dossier de plus de 10 000 pages de documents et de nombreuses pièces à conviction.

En 2016, le procès avait été suspendu après l’incapacité de la défense à trouver un traducteur en langue ouïghoure, selon une décision du tribunal militaire alors chargé de l’affaire.

La procédure n’a repris qu’en novembre 2022, après plusieurs années de retard liées à la pandémie de COVID-19 et aux difficultés persistantes pour obtenir des services de traduction.

Une attaque liée à l’expulsion de Ouïghours vers la Chine

Des soldats thaïlandais inspectent les dégâts causés par l'attentat à la bombe du sanctuaire d'Erawan à Bangkok, avec des motos calcinées au premier plan

Des soldats et des enquêteurs examinent les lieux après l’explosion d’une bombe au sanctuaire d’Erawan le 17 août 2015. Photo : AFP.

Les deux condamnés appartiennent à la minorité musulmane ouïghoure originaire de la région chinoise du Xinjiang.

L’attentat est survenu quelques semaines après la décision du gouvernement militaire thaïlandais de rapatrier de force 109 Ouïghours vers la Chine en juillet 2015.

Les enquêteurs thaïlandais ont longtemps considéré l’attaque comme une possible mesure de représailles contre cette expulsion controversée, qui avait suscité de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains.

Ces dernières estimaient que les Ouïghours renvoyés en Chine risquaient d’être victimes de répression culturelle, religieuse et politique.

En novembre 2024, une autre accusée dans cette affaire, la Thaïlandaise Wanna Suansan, a été acquittée de toutes les charges retenues contre elle.

Poursuivie pour complicité de meurtre, tentative de meurtre et possession illégale d’explosifs, elle avait bénéficié d’un acquittement faute de preuves suffisantes selon le tribunal de Bangkok.

Malgré ce verdict, plusieurs questions concernant les commanditaires, le mobile exact de l’attaque et l’étendue du réseau impliqué demeurent sans réponse.

Ces zones d’ombre continuent d’alimenter les débats autour de l’attentat d’Erawan, l’une des affaires criminelles les plus controversées de l’histoire récente de la Thaïlande.

Voir aussi :


Source : Thai PBS World

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