La Banque de Thaïlande (BoT) estime que le baht reste stable malgré son recul face au dollar américain.
Elle juge qu’aucune mesure d’urgence n’est nécessaire et écarte le risque d’une crise monétaire à court terme.
Ce vendredi 12 juin, 1 euro vaut 37,96 bahts et 1 dollar US vaut 32,82 bahts.
Voir : Cours du baht thaïlandais (THB) : le taux de change du jour face à l’euro
La banque centrale juge la situation sous contrôle

Banque de Thaïlande (BoT). Photo : Bangkok Post
Malgré les incertitudes provoquées par le conflit au Moyen-Orient et les tensions sur les marchés financiers, la Banque de Thaïlande affiche sa confiance dans la stabilité du baht.
Chayawadee Chai-anant, sous-gouverneur chargée des relations avec les entreprises et porte-parole de la banque centrale, a indiqué que le Comité de politique monétaire (MPC) ne voyait aucune raison de convoquer une réunion extraordinaire ni de modifier son taux directeur.
Voir : La Banque de Thaïlande abaisse son taux à 1 % : un pari risqué pour l’économie
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le baht s’est déprécié de 5,4 % face au dollar américain.
Toutefois, cette évolution est restée ordonnée et n’a pas provoqué de mouvements massifs de capitaux.
Selon la Banque de Thaïlande, les investisseurs étrangers n’ont enregistré que 1,3 milliard de dollars de ventes nettes d’actifs thaïlandais.
Les flux de capitaux commencent même à revenir vers les marchés obligataires et boursiers à long terme du pays, signe d’une amélioration de la confiance des investisseurs.
« Bien que le baht se soit également déprécié face au dollar, son évolution est restée ordonnée et stable », a déclaré Mme Chayawadee.
La Thaïlande dans une situation différente de l’Indonésie
Le conflit prolongé au Moyen-Orient continue d’alimenter les inquiétudes concernant la sécurité énergétique mondiale.
Plusieurs pays d’Asie du Sud-Est ont adopté des mesures pour amortir le choc pétrolier, avec des conséquences variables sur les marchés financiers, les devises et les taux d’intérêt.
La position de la Banque de Thaïlande contraste ainsi avec celle de l’Indonésie.
Mardi, la Banque d’Indonésie a organisé une réunion extraordinaire et relevé son taux directeur afin de freiner la dépréciation rapide de la roupie face au dollar américain.
Depuis le début de la guerre contre l’Iran, la monnaie indonésienne a perdu plus de 8 % de sa valeur face au billet vert.
Cette baisse a été accompagnée de sorties importantes de capitaux étrangers, estimées à environ 3,9 milliards de dollars sur les marchés obligataires et boursiers du pays.
Les investisseurs s’inquiètent notamment de l’orientation de la politique budgétaire indonésienne ainsi que du risque de voir le marché boursier du pays perdre son statut de marché émergent.
Une telle rétrogradation pourrait entraîner le retrait de certains fonds internationaux spécialisés dans les marchés émergents et accentuer les sorties de capitaux.
Les fondamentaux thaïlandais restent solides

Passant devant un bureau de change en Thaïlande. Photo : Bangkok Post.
Pour Don Nakornthab, sous-gouverneur chargé de la politique monétaire à la Banque de Thaïlande, les économies thaïlandaise et indonésienne présentent des caractéristiques très différentes.
Dans un message publié sur sa page Facebook, il souligne que si certains indicateurs macroéconomiques de l’Indonésie apparaissent plus solides, le pays reste confronté à plusieurs vulnérabilités structurelles.
Parmi les préoccupations figure l’endettement croissant des entreprises publiques, que certains observateurs qualifient de potentielle « bombe à retardement ».
Les investisseurs s’interrogent également sur la gouvernance et la transparence du fonds souverain Danantara, lancé récemment par les autorités indonésiennes.
Selon lui, la combinaison d’un déficit courant, de défis énergétiques persistants et d’une éventuelle perte de confiance des marchés pourrait provoquer des sorties rapides de capitaux à court terme.
Il rappelle également que les réserves de change indonésiennes demeurent nettement inférieures à celles de la Thaïlande.
« Vu sous cet angle, la probabilité que la Thaïlande soit confrontée à une crise monétaire à court terme reste relativement faible », a-t-il estimé.
La compétitivité, principal défi pour l’économie thaïlandaise
La Banque de Thaïlande ne prévoit pas de modification immédiate de sa politique monétaire.
Pipat Luengnaruemitchai, économiste en chef chez Kiatnakin Phatra Financial Group, estime que le MPC devrait maintenir son taux directeur à 1 % jusqu’à la fin de l’année.
Une hausse des taux pourrait être envisagée vers le milieu de l’année prochaine en fonction de l’évolution de l’économie et de l’inflation.
Malgré les tensions internationales et la volatilité des marchés financiers, la Banque de Thaïlande considère donc que les risques immédiats pour la stabilité monétaire restent limités grâce aux solides fondamentaux extérieurs du pays.
Pour Don Nakornthab, le principal défi de la Thaïlande n’est pas le risque d’une crise du baht, mais la nécessité d’engager des réformes structurelles destinées à renforcer la compétitivité du pays et à remettre l’économie sur une trajectoire de croissance plus solide.
Voir aussi :
- La Thaïlande face à une menace économique qui pourrait affaiblir le baht
- La Thaïlande face à la menace de nouvelles taxes douanières américaines
- Déficit record en Thaïlande : le tourisme pourra-t-il sauver la croissance ?
Source : Bangkok Post
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