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Le péril économique menace davantage le nouveau gouvernement thaïlandais que la politique

3 commentaires 4 minutes à lire
Le Premier ministre de Thaïlande possède un patrimoine d'un milliard de bahts

Même si le parti Pheu Thai est confronté à de nombreux défis politiques, les défis économiques sont bien plus importants.

Selon les experts, 2024 sera probablement une année de ralentissement pour l’économie mondiale et plusieurs problèmes macroéconomiques se poseront probablement au nouveau gouvernement.

L’un des problèmes les plus urgents est le positionnement de la Thaïlande en tant que centre manufacturier de l’Asie du Sud-Est.

Ces dernières années, des pays comme le Viêt Nam et les Philippines se sont imposés comme de solides concurrents.

L’industrie manufacturière représente une part importante du produit intérieur brut (PIB) du pays, c’est-à-dire la valeur totale de tous les biens et services produits au cours d’une période donnée à l’intérieur des frontières d’un pays.

Alors que d’autres pays, comme le Viêt Nam et les Philippines, deviennent plus attrayants pour l’industrie manufacturière, les investissements étrangers pourraient se détourner de la Thaïlande.

Ce déplacement aurait des répercussions, non seulement sur les emplois dans les usines, mais aussi sur l’ensemble de l’économie, depuis les chauffeurs routiers qui transportent les marchandises jusqu’aux travailleurs des industries auxiliaires.

Pour contrer ce phénomène, la Thaïlande doit investir dans l’innovation et les technologies de pointe.

En s’orientant vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée, le pays peut offrir quelque chose que les destinations manufacturières à faible coût ne pourront peut-être pas égaler facilement.

Le ralentissement économique en Chine pose un autre défi macroéconomique.

Lorsque l’économie chinoise souffre, ses consommateurs ont moins d’argent à dépenser en biens importés et en voyages internationaux.

Pour la Thaïlande, cela signifie moins de touristes et une demande réduite pour ses exportations.

La baisse du tourisme affecte non seulement les compagnies aériennes et les hôtels, mais aussi les innombrables petites entreprises qui dépendent des dépenses des touristes.

De même, la diminution des exportations se traduit par une baisse des commandes des usines, ce qui a des répercussions sur tous les aspects de la vie, depuis les emplois dans le secteur manufacturier jusqu’à l’expédition et la logistique.

La situation est d’autant plus urgente que la Chine est l’un des principaux partenaires commerciaux de la Thaïlande.

Ainsi, tout contretemps économique en Chine pourrait se traduire par un affaiblissement de l’économie thaïlandaise.

De l’autre côté du Pacifique, l’incertitude économique qui règne aux États-Unis ajoute à la complexité de la situation.

La Réserve fédérale américaine a porté ses taux d’intérêt à leur niveau le plus élevé depuis 22 ans afin de lutter contre l’inflation et de stabiliser son économie.

La hausse des taux d’intérêt aux États-Unis entraîne souvent une augmentation des investissements dans les actifs américains, ce qui détourne les capitaux des marchés émergents comme la Thaïlande.

Cela se traduit par une diminution des investissements dans les entreprises thaïlandaises et éventuellement par un affaiblissement de la monnaie thaïlandaise.

Une monnaie plus faible pourrait rendre les importations plus chères, ce qui affecterait le coût de la vie et pourrait conduire à l’inflation.

Il s’agit d’une réaction en chaîne qui commence à des milliers de kilomètres mais qui pourrait avoir un impact direct sur le portefeuille du citoyen thaïlandais moyen.

Enfin, le taux de chômage croissant parmi les nouveaux diplômés en Thaïlande ne peut être ignoré.

Lorsque les jeunes ne trouvent pas d’emploi, ils ne sont pas seulement inactifs ; ils ne contribuent pas non plus à l’économie en dépensant et en payant des impôts.

C’est ce que les économistes appellent le « coût d’opportunité », c’est-à-dire la perte d’un gain potentiel provenant d’autres solutions lorsque l’on choisit l’une d’entre elles.

Ces jeunes pourraient créer des entreprises, acheter des maisons ou contribuer à la croissance économique par d’autres moyens.

La situation est aggravée par la nature monopolistique de certains secteurs de l’économie thaïlandaise.

Quelques grandes entreprises dominant le marché peuvent étouffer l’innovation et limiter les opportunités pour les nouveaux entrants.

En supprimant ces barrières, la Thaïlande peut stimuler l’esprit d’entreprise, qui à son tour peut favoriser la création d’emplois et la croissance économique.

En résumé, le nouveau gouvernement thaïlandais est confronté à un ensemble de défis économiques aux multiples facettes.

Chaque question, qu’il s’agisse de la concurrence régionale, de la dépendance à l’égard de partenaires commerciaux majeurs tels que la Chine et les États-Unis, ou du chômage intérieur, comporte une série d’implications macroéconomiques.

Le gouvernement devra adopter une approche équilibrée et dynamique qui ne se contente pas de résoudre les problèmes immédiats, mais qui pose les jalons d’une durabilité à long terme.

Plus que toute exposition politique, l’incapacité à traiter ces questions économiques pourrait sonner le glas du gouvernement de Srettha Thavisin.

Les défis sont, bien sûr, aggravés par les défis politiques auxquels le cabinet est déjà confronté.

Srettha doit maintenir ses partenaires de coalition dans le droit chemin et limiter au maximum non seulement la corruption réelle, mais aussi la perception de la corruption par le public, afin de traverser une année économiquement difficile.

Tous les Thaïlandais ne seront peut-être pas d’accord avec la formation de ce gouvernement, mais tous doivent espérer que Srettha parviendra à gérer les défis économiques qui nous attendent.


Source : Thai Enquirer

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3 commentaires

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HANSSON 31 août, 2023 - 12 h 17 min

Un article assez complet et qui analyse globalement la situation de manière claire, avec des termes compréhensibles pour tous, en évitant les définitions et terminologies techniques rébarbatives des spécialistes financiers et économistes de haut niveau…

J’ajouterai peut-être un aspect qui n’est pas évoqué et qui va peser sur l’économie mondiale en 2024…

En effet, outre le fait que la sortie de la crise covid s’est faite alors que l’économie mondiale était au bord du gouffre d’une récession mondiale bien pire que celle des années 30, force est de constater que le retour à une économie de marché se fait avec d’énormes difficultés pour de nombreux pays afin de retrouver une balance commerciale bénéficiaire…

Et la présence depuis 2022 de l’association des pays du BRICS dans le monde économique de demain, avec son élargissement à bon nombre de pays (dont la Thaïlande qui n’est pas indifférente et avait déjà manifesté son intérêt en pointant le bout de son nez, (celui de son PM Prayut Chan-O-Cha) lors d’une réunion par vidéo-conférence en juin 2022) est occupé à changer la donne dans l’équilibre économique mondial…

Il est encore trop tôt pour tirer des perspectives stables et des hypothèses de développement probable du BRICS, suite aux demandes d’adhésions d’un nombre de plus en plus important de pays en développement ou prêts à devenir des puissances économiques mondiales capables de détrôner les États-Unis et de mettre à mal la monnaie-étalon qu’est le dollar, mais il est clair que ce qui pourrait être à la base d’un nouvel ordre économique (et donc politique) mondial est en marche et le défi pour toutes les nations sera de monter dans le train en mouvement au bon moment et de choisir de faire partie du bon wagon sans se casser la figure !

Car c’est certain qu’il faut s’attendre, dans ce scénario possible, à l’émergence d’une guerre économique de niveau mondial, avec de nouvelles alliances politiques inévitables, mettant à mal les 2 grands blocs idéologiques dont la cohabitation n’a jamais été aussi fragile… et ça ne va pas s’arranger de sitôt, en tout cas, tant que le BRICS sera une réalité qui a pour ambition de devenir un contre-pouvoir de plus en plus incontournable dans le paysage économique mondial…

Il va y avoir de la casse, et ça ne contribuera pas à courte et moyenne échéance à garantir le retour à une stabilité politico-économique dans les prochains mois et les plus proches années, stabilité qui est pourtant indispensable à un redressement économique général, dans lequel la Thaïlande sera un pion, dont le gouvernement fraîchement installé aura la responsabilité de gagner cette partie qui se jouera comme une partie d’échecs ; Qui sera le Roi, qui sera la Reine et qui sera « échec et mat » ???

Pour le moment, on en est juste à ce que chaque adversaire ou partenaire place ses pions !

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Oliv 31 août, 2023 - 12 h 21 min

L’ego des sénateurs et des militaires mettra la Thaïlande K.O.

Vous avez oublié de parler des discriminations légales.

Elles ne favorisent rien, sauf une augmentation de la pauvreté des Thaïlandais.

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gustave 1 septembre, 2023 - 8 h 07 min

« La situation est aggravée par la nature monopolistique de certains secteurs de l’économie thaïlandaise.

Quelques grandes entreprises dominant le marché peuvent étouffer l’innovation et limiter les opportunités pour les nouveaux entrants. »

C’est exactement ce que voulait faire Pita !

Les monopoles aujourd’hui sont tels qu’ils nuisent à l’économie du pays par l’impossibilité de créer des startups, des concurrents normaux…

Et pour compléter le commentaire de Hansson : Ce qui se profile surtout, c’est une crise immobilière qui a déjà démarré partout.

Et ça, ça va faire mal.

Voyez combien il y a de personnes et de magasins liés au Building !

Et en espérant, que cela ne se transforme pas en crise financière comme dans le passé.

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