À l’approche de 2024, voici une sélection d’histoires criminelles qui ont à la fois captivé et choqué la Thaïlande au cours des 12 derniers mois.
Plusieurs de ces affaires ont aussi révélé, comme en 2022, à quel point la police thaïlandaise est rongée par la corruption.
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Un adolescent se lance dans une fusillade dans un centre commercial de Bangkok

Arrestation du tireur de 14 ans par des policiers au Siam Paragon.
Un suspect âgé de 14 ans s’est lancé dans une fusillade de masse dans le centre commercial Siam Paragon le 3 octobre.
Le poste de police de Pathumwan a été informé de la fusillade dans le centre situé sur Rama I Road, dans le district de Pathumwan mais n’est pas intervenue, attendant une équipe spéciale.
Voir : Témoignages glaçants des survivants de la fusillade en Thaïlande, la police critiquée
Des clients ont fui en panique après que plusieurs coups de feu aient été entendus au 3e étage.
La fusillade a tué une Thaïlandaise et deux ressortissantes étrangères, l’une chinoise et l’autre du Myanmar, et a blessé quatre personnes, dont une touriste chinoise et une travailleuse laotien.
Voir : Face-à-face avec la terreur en Thaïlande : nouveaux témoignages après la fusillade
Cette fusillade qui a fait deux victimes chinoises, dont une femme assassinée devant ses deux jeunes filles, des jumelles, a eu un terrible impact sur le tourisme en provenance de Chine.
Voir : 60 000 chinois ont annulé leur voyage en Thaïlande après la fusillade
Après avoir vidé ses chargeurs sur les victimes, le jeune tueur a appelé la police pour leur signaler qu’il n’avait que 14 ans et leur a indiqué où il se trouvait et comment il était habillé pour se faire arrêter sans se faire blesser.
Voir : L’auteur de la fusillade en Thaïlande a appelé la police pour se faire arrêter en douceur
Il a été arrêté avec un pistolet à blanc modifié une heure et demie après le début de la fusillade.
Le suspect, appréhendé au troisième étage dans un magasin de meubles a ensuite demandé aux policiers s’il allait être puni en raison de son jeune âge.
Il avait tout prémédité et savait qu’il ne risquerait pas de lourdes peines.
Voir : Consternation en Thaïlande : l’auteur de la fusillade est trop jeune pour être puni
Selon la police, le suspect avait acheté son pistolet sur Internet.
Un psychiatre a déclaré que le garçon était pleinement conscient tout au long de la fusillade, bien qu’il ait partiellement perdu le contrôle de lui-même.
La police a retenu cinq chefs d’accusation contre le garçon :
- Meurtre avec préméditation.
- Tentative de meurtre.
- Tir en public.
- Possession d’armes à feu non autorisées.
- Port d’armes à feu non autorisées.
Le suspect a reçu un traitement psychiatrique à l’institut Galya Rajanagarindra.
Trois autres suspects, deux hommes et une femme, ont été arrêtés plus tard pour avoir vendu des balles au suspect.
L’affaire a donné lieu non seulement à un vaste débat sur le bien-être familial, mais aussi à des descentes dans des marchés d’armes illégales, au cours desquelles 1 000 armes à feu illégales ont été saisies lors de trois opérations menées au cours du dernier trimestre de l’année.
Les huit années de folie de la tueuse en série au cyanure

Des officiers escortent Sararat Rangsiwuthaporn. Photo : Police royale thaïlandaise
Sararat Rangsiwuthaporn surnommée « Aem Cyanure » (son surnom est Aem) est devenue la derniere tueuse en série du pays.
L’affaire a fait surface à la mi-avril après que la famille de l’une des victimes présumées, Siriporn Khanwong, 32 ans, a demandé à la Division de la répression des crimes (CSD) de porter plainte contre Sararat et a demandé une nouvelle autopsie du corps de Siriporn.
Le chef de la police nationale, le général Damrongsak Kittiprapas, a déclaré que Siriporn s’était évanouie, puis était morte, alors qu’elle relâchait des poissons dans une rivière pour faire une bonne action pendant la fête de Songkran, le Nouvel An thaïlandais, dans le district de Ban Pong, à Ratchaburi.
Les premiers résultats de l’autopsie ont révélé qu’elle était morte de causes naturelles.
Cependant, sa famille a contesté ce résultat et a demandé une seconde autopsie.
Ce qu’il faut savoir, c’est que la tueuse était marié à un officier de police impliqué dans ces meurtres.
Voir : Un officier de police thaïlandais impliqué dans la série de meurtres au cyanure
Les résultats préliminaires du département médico-légal de l’hôpital général de la police ont révélé que le sang de Siriporn contenait du cyanure.
Sararat est alors devenue la principale suspecte, car elle était la dernière personne à avoir été vue en compagnie de Siriporn.
Par la suite, le nombre de victimes signalées a augmenté au fur et à mesure que l’enquête se déroulait.
La police a découvert que 14 décès étaient liés à Sararat, tandis qu’une victime a survécu.
Le chef adjoint de la police nationale, le général Surachate Hakparn, a dirigé l’enquête, qui s’est révélée être une affaire de meurtres en série.
Les meurtres de Sararat ont eu lieu entre 2015 et 2023, dans huit provinces.
Selon la police, elle avait pour objectif de voler de l’argent à ses victimes ou de se libérer des dettes qu’elle leur devait, car elle était une joueuse en ligne invétérée.
Voir : La tueuse en série thaïlandaise avait d’énormes dettes de jeu en ligne
Elle mélangeait du cyanure à la nourriture et aux boissons et laissait ses victimes mourir de crises cardiaques.
Dans un cas survenu à Mukdahan en 2020, elle aurait envoyé des « pilules amaigrissantes » à sa victime.
Après avoir empoisonné les victimes, la suspecte volait leurs objets de valeur, notamment leurs téléphones portables, pour détruire les preuves et falsifier des documents afin d’inciter leurs familles à lui donner de l’argent.
Mme Sararat a été inculpée de 75 infractions, dont meurtre avec préméditation, empoisonnement alimentaire et falsification de documents.
Voir : La tueuse en série au cyanure et ses complices inculpés en Thaïlande
Dîner mortel avec un chef de village

Praween Chankhlai, le Kamnan, à gauche, est interrogé par la police de la division de la répression du crime à Bangkok. Photo : police thaïlandaise
L’assassinat du major Sivakorn Saibua, un officier de la police routière intègre, devant de nombreux autres policiers au domicile d’une personnalité locale influente, un ancien chef de village (Kamman) surnommé « Kamman Nok » a choqué le pays.
L’incident a eu lieu dans la province de Nakhon Pathom le 6 septembre 2023.
Voir : Un chef mafieux fait tuer un agent incorruptible devant 28 policiers en Thaïlande
La fusillade a fait suite à une dispute entre le major Sivakorn, chef du poste de police de l’autoroute 1 de la sous-division 2 de la police de l’autoroute, et Praween Chankhlai, un chef mafieux qui organisait une fête à son domicile à Nakhon Pathom.
Sivakorn a refusé de promouvoir un officier de police qui travaillait pour l’ancien Kamman.
L’officier intègre avait déjà refusé des pots-de-vin de Praween pour laisser circuler des camions en surpoids, son 2ᵉ refus l’a mis en colère et il aurait donc demandé à son homme de main de l’éliminer.
Il pensait qu’il n’aurait pas de problème à le faire tuer devant les autres policiers, car nombre d’entre eux étaient corrompus.
Le lieutenant-colonel Wasin Panpee, commandant adjoint de la sous-division 2 de la police des autoroutes, qui était assis à côté du lieutenant-colonel Sivakorn, a été blessé.
Le tireur, Thananchai Manmak, 45 ans, l’homme de main de M. Praween, s’est sauvé avec le Kamman escorté par des policiers cette nuit-là.
Praween, qui est accusé d’avoir ordonné la fusillade, s’est rendu à la police le lendemain.
Thananchai a été tué lors d’un échange de coups de feu avec la police qui l’avait retrouvé à Kanchanaburi.
L’affaire s’est compliquée lorsqu’il s’est avéré que plus de 20 policiers étaient présents à la fête, mais qu’ils n’ont pas agi et n’ont pas empêché les suspects de s’enfuir.
Et pire que tout, certains se sont activés pour effacer les preuves tandis que d’autres ont escorté le Kamman en sécurité.
Tous les policiers présents à la fête ont fait l’objet d’une enquête pour négligence.
Au cours de l’enquête, le colonel Vachira Yaothaisong, commandant de la sous-division 2 de la police routière et superviseur du major Sivakorn, a été retrouvé mort à son domicile de Pathum Thani, dans un suicide apparent.
Le colonel Vachira, qui participait à la fête, a été critiqué pour ne pas avoir protégé son subordonné.
C’est lui qui avait ordonné à Sivakorn de se rendre au repas pour tenter de « trouver un arrangement » avec le chef mafieux.
D’après les policiers qui l’ont interrogé, il était prêt à craquer, ce qui risquait de mettre d’autres policiers en mauvaise posture.
Il a ensuite été emmené dans un hôtel surveillé par d’autres policiers impliqués pour soit disant « l’empêcher de se suicider » et se serait ensuite suicidé chez lui.
À l’issue de l’enquête, 15 policiers ont été inculpés pour malversation, tandis que les autres ont été innocentés, les preuves montrant qu’ils avaient tenté d’aider les blessés.
Sept civils ont également été inculpés en relation avec la fusillade mortelle.
Praween a été placé en détention provisoire à la prison de Bangkok après son arrestation.
Mais, il a été libéré le 1ᵉʳ décembre 2023 en attendant son procès.
Voir : Le chef mafieux accusé d’avoir fait tuer un policier en Thaïlande, libéré sous caution
Le scandale a incité le Bureau central des enquêtes, qui supervise la police routière, à réorganiser l’unité, notamment en s’attaquant à la corruption des autocollants qui a été mise en lumière au début de l’année.
Les camions qui affichent un autocollant indiquent aux policiers que des pots-de-vin ont été payé et qu’il ne faut donc pas les contrôler.
Voir par exemple : La corruption responsable de l’effondrement d’une route en Thaïlande
La maison d’un policier intègre et gênant perquisitionnée

Raid de la police thaïlandaise sur des maisons louées par le général Surachate (l’homme en caleçon sur la photo) le lundi 25 septembre.
Cette autre affaire n’implique pas de crime, mais elle est fortement liée à l’affaire précédente.
La perquisition très médiatisée de la maison louée par le chef adjoint de la police nationale, le général Surachate Hakparn, surnommé « Big Joke » par les médias thaïlandais, juste avant la nomination d’un nouveau chef de la police, a alimenté les rumeurs.
Voir : Attaque contre le « monsieur propre » de la police en Thaïlande
L’opération a impliqué des dizaines d’agents du bureau d’enquête sur la cybercriminalité et des commandos de police relevant du bureau central d’enquête, qui rassemblaient des preuves dans le cadre d’une enquête élargie sur les réseaux de jeux d’argent illégaux en ligne.
Les subordonnés de Surachate ont été impliqués dans ces activités illégales et leurs maisons, y compris celle de Surachate, figuraient parmi les cibles à Bangkok et dans cinq provinces :
Phetchaburi, Samut Prakan, Khon Kaen, Udon Thani et Saraburi.
L’équipe de recherche a insisté sur le fait qu’elle n’était pas venue pour arrêter l’officier supérieur, mais pour rechercher des preuves.
Le dernier développement en date est l’inculpation de huit subordonnés du général Surachate.
Bien que la perquisition ait été planifiée par la police chargée de la lutte contre la cybercriminalité dans le cadre d’une enquête sur les activités suspectes des subordonnés de Surachate, le moment choisi pour l’effectuer a conduit de nombreuses personnes à s’interroger sur les motifs de cette perquisition.
Certains ont supposé qu’il s’agissait d’une manœuvre calculée pour discréditer Surachate avant la nomination du chef de la police et faire pencher la balance en faveur du général de police Torsak Sukvimol, un autre candidat sérieux au poste de chef de la police.
Torsak et Surachate n’auraient pas été en bons termes à la suite de la fusillade mortelle survenue au domicile du Kamman Nok.
L’équipe d’enquête de Surachate a fait pression sur le colonel Vachira Yaothaisong, commandant de la sous-division 2 de la police routière, et aurait également laissé entendre que la mort de Vachira avait été montée de toutes pièces.
Le colonel Vachira était un proche du général Torsak.
Peu après que le général de police Torsak a été nommé nouveau chef de la police par la commission de police, une photo des deux hommes se serrant la main a circulé sur les médias sociaux pour montrer qu’ils étaient parvenus à une trêve.
Cependant, les observateurs sont sceptiques et pensent que le conflit est loin d’être résolu.
Bien que la retraite obligatoire de Torsak soit prévue pour septembre de l’année prochaine, le désaccord pourrait refaire surface en raison des tensions et des divisions sous-jacentes au sein des forces de police.
Les morceaux du corps d’un touriste découverts dans une décharge

Daniel Sancho lors de son transfert à la prison de Koh Samui. Photo : EFE
Les restes du corps d’un étranger ont été retrouvés empaquetés dans des sacs en plastique dans une décharge de Koh Phangan, une île célèbre pour ses fêtes de la pleine lune, Full Moon party, le jeudi 3 août 2023.
Daniel Sancho Bronchalo, chef cuisinier espagnol de 29 ans, étoile montante populaire sur Youtube, a ensuite été arrêté et a avoué avoir tué et découpé son amant, Edwin Arrieta Arteaga, 44 ans.
Le tueur, fils d’une star du cinéma espagnol, a été inculpé par les procureurs en octobre 2023 pour la mort d’Edwin.
L’acte d’accusation énonce les charges de meurtre avec préméditation, de dissimulation du corps et de destruction de documents d’autrui.
Comme l’accusé est passible de la peine de mort, il plaide non coupable.
Voir : L’espagnol accusé d’avoir tué et décapité son amant en Thaïlande plaide non coupable
Source : Bangkok Post
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3 commentaires
Je ne vois pas en quoi ce genre d’article nous fait progresser sur la compréhension de la Thaïlande.
Surtout que c’est un réchauffé et toujours du négatif qui ternit notre vision.
J’aurais, par exemple, préféré lire :
– L’émerveillement d’un enfant de cinq ans face à éléphant qu’il vient de découvrir ou ;
– La réjouissance d’agriculteurs qui finissent leur récolte de riz ou ;
– Une statistique sur le nombre de jours d’ensoleillement par province ou ;
– La satisfaction que des moines ont eu lors de la finition de leur nouveau temple ;
– …
Il y a tellement de belles choses à dire, pourquoi mettre toujours le focus sur les point négatifs ?
Bonjour Ipon,
Effectivement, il y a des sites qui ne se concentrent que sur les informations positives, mais parler des informations négatives peut aussi avoir un impact positif, comme ici, pour inciter la Thaïlande à lutter contre les problèmes de corruptions au sein de la police thaïlandaise qui nuisent grandement à son image et affecte aussi le tourisme.
Enfin, dans la section actualité, on reprend surtout les articles intéressants qui sortent dans les médias thaïlandais, et on partage autant les articles positifs que négatifs, après, on pourrait aussi créer deux nouvelles catégories : « Actualité positive » et « Actualité négative ».
Qu’en pensent les autres lecteurs ?
Vous pouvez nous le dire en répondant à ce commentaire.
Je pense que vos articles sont très bien faits, vous y parlez de tout.
En étant actuellement sur place, il y a des gens bien sympa d’autres non comme dans chaque pays.
Maintenant, je trouve une certaine lassitude et fatigue de venir ici autant.
Avant, je mangeais Thai. maintenant, c’est de moins en moins.
Il faut que je stoppe de venir en Thaïlande pour 2 ans au moins.