Après le témoignage d’une célébrité qui aurait été extorquée par des policiers thaïlandais, les deux parties s’accusent mutuellement de déclarations mensongères.
Voir : Une célébrité victime d’extorsion policière en Thaïlande va boycotter le pays
La vidéosurveillance contredirait les allégations d’extorsion de l’actrice
Les images de trois caméras de sécurité situées dans la zone où une actrice taïwanaise a affirmé que la police thaïlandaise lui avait extorqué 27 000 bahts (environ 758 euros) contredisent son récit de l’incident, a déclaré vendredi la police royale thaïlandaise (RTP).
L’actrice est connue sous le nom de An Yu Qing et Charlene An en anglais.
Les images proviennent d’une caméra installée à l’extérieur de l’ambassade de Chine sur Ratchadaphisek Road et les deux autres caméras se trouvent sur un pont piétonnier qui capture le coin de la ruelle où l’actrice affirme avoir versé de l’argent à la police, a déclaré le porte-parole de la RTP, le Général Archayon Kraithong.
Charlene An a été vue avec trois hommes s’approchant dans un taxi Grab Mazda rouge qui a été arrêté par la police à un point de contrôle de sécurité à 2 h 27 du matin, a déclaré le porte-parole de la RTP.
L’actrice et les trois autres passagers ont été priés de sortir de la voiture.
Ils sont restés debout sur le trottoir tout en communiquant avec les officiers pendant un long moment avant qu’un taxi orange ne vienne les chercher, a déclaré le Général Archayon.
Du début à la fin, ni Charlene An ni aucun des trois autres n’ont été vus sur les caméras entrant dans la ruelle pour payer la police, comme cela a été affirmé, a-t-il ajouté.
Néanmoins, la police va continuer à enquêter sur l’extorsion présumée et il reste un témoin clé à interroger : le chauffeur du taxi orange, que la police a maintenant localisé, a-t-il dit.
Quant à Charlene An, la RTP l’a contactée via son compte Instagram pour lui demander plus d’informations sur l’incident.
Elle a renvoyé l’emplacement GPS de l’endroit où, selon elle, l’extorsion a eu lieu, a-t-il dit.
Elle a promis de fournir plus de détails par l’intermédiaire des autorités taïwanaises plus tard, ce qui a incité la RTP à contacter la principale agence d’enquête de la police de Taïwan pour coopérer, a-t-il dit.
L’enquête de la police a également révélé que l’actrice taïwanaise a séjourné dans un hôtel du quartier de Thong Lor à Bangkok du 29 décembre au 2 janvier de l’année dernière, avant de déménager dans un nouvel établissement sur Rama IX Road, où elle est restée du 3 janvier jusqu’à son départ de Thaïlande le 5 janvier, a-t-il ajouté.
Le premier chauffeur de Grab qui a pris les quatre personnes en charge et les a conduites là où elles ont été arrêtées par la police a été interrogé par les enquêteurs, a déclaré une source.
« Bien sûr, je me souviens de cette femme dans les informations.
Elle parlait fort tout le temps et était assise sur le siège arrière, visiblement ivre », a déclaré le chauffeur.
Lorsque les agents les ont informés qu’ils devaient procéder à un « contrôle de police » sur eux et ont demandé à voir leurs passeports, tout le groupe a pété les plombs et élevé la voix.
Après avoir attendu les passagers pendant environ une heure, ils l’ont payé pour le trajet, et il est ensuite parti, a-t-il dit.
Le général Atthaporn Wongsiripreeda, commissaire de la division 1 de la police métropolitaine, a déclaré que l’enquête était terminée à environ 80 % et qu’elle devrait se terminer dans un ou deux jours.
Charlene An confirme son témoignage
L’actrice taïwanaise a riposté aux déclarations de la police thaïlandaise l’accusant d’avoir menti.
Dans un message fougueux publié sur Instagram Story, dans lequel elle indique avoir déjà parlé à « Interpol », Charlene An a demandé en anglais à la RTP « d’arrêter de dire des bêtises ».
Elle a affirmé qu’ils s’en prenaient à elle afin de paraître innocents et de cacher leurs méfaits.
Le porte-parole a tenté d’excuser la RTP en invoquant des e-cigarettes (qui sont interdites en Thaïlande) et un groupe de touristes belliqueux.
La validité de leurs visas avait également été mise en doute, alors qu’ils étaient totalement en règle.
Mme An a déclaré qu’elle n’était pas du tout ivre dans un message en chinois adressé à ses fans.
« Je veux dire à tout le monde, après avoir parlé à Interpol, que la police thaïlandaise n’est pas nette.
Ils tentent de m’utiliser pour paraître eux-mêmes innocents, car cela va à l’encontre de leurs intérêts ».
Elle avait un message pour la « fine fleur » de la Thaïlande :
« ARRÊTEZ DE DIRE DES BÊTISES ! »
Elle a donné quelques détails supplémentaires sur la nuit en question lorsqu’elle a dit que toutes les voies de la route étaient bloquées au point de contrôle à une heure du matin.
Il y avait plus de sept policiers et elle dit se souvenir clairement de l’officier qui l’a extorquée.
Elle s’est demandée pourquoi elle avait été choisie comme cible.
Elle a déclaré que la RTP devrait vérifier les caméras de vidéosurveillance, arrêter de dire des bêtises, cesser d’essayer de la prendre pour cible et arrêter d’arranger les gens.
Elle a parlé de son irritation intense, non seulement de l’incident lui-même, mais aussi de ce qui s’est passé depuis.
Elle a conclu par des mots conciliants à l’égard de la Thaïlande, mais par un dernier coup de gueule contre sa police :
« La Thaïlande est un endroit charmant avec de nombreuses attractions, mais sa police n’en fait pas partie ».
Que faut-il penser de ces témoignages contradictoires ?
Est-ce que la police aurait pu trafiquer les vidéos et couper le moment où Charlene An a donné de l’argent au policier ?
La police a-t’elle fait pression sur le premier chauffeur Grab pour qu’il affirme que l’actrice était ivre pour aller dans le sens des accusations des policiers ?
Car les médias thaïlandais mettent en avant ce fait, une touriste ivre qui aurait raconté n’importe quoi, alors que Charlene An affirme qu’elle n’était pas saoule.
Et pourquoi aurait-elle inventé toute cette histoire ?
Ce serait une étrange façon de faire sa promotion, même s’il est vrai que depuis le début de cette affaire, elle a gagné une reconnaissance internationale et fait la une des médias à Taiwan et en Thaïlande.
On attend de même le témoignage de ses amis, qui devraient confirmer ses propos.
Il y a aussi l’image internationale de la Thaïlande et de son tourisme qui pèse sur les épaules des policiers chargés de l’enquête.
La police thaïlandaise est déjà confrontée à d’énormes difficultés après l’affaire des services VIP qui ont conduit son superviseur, le Premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-ocha, à demander à ce que les responsables rendent des comptes.
Après le clip accablant sur le traitement préférentiel accordé à une touriste chinoise qui pour la somme de 365 euros a bénéficié d’une procédure d’immigration accélérée à l’aéroport puis a été emmené de Bangkok à Pattaya escorté par un motard de la police avec sirène et gyrophare.
Voir : La police thaïlandaise sous le feu des critiques pour son service d’escorte VIP
Selon les derniers rapports, cette pratique dure depuis une dizaine d’années.
Voir aussi :
2 Malaisiens accusent la police thaïlandaise d’extorsions après des vols de voitures
Les opérateurs touristiques de Thaïlande exaspérés par les arnaques policières
Une Thaïlandaise sauvagement mordue par son petit ami proche d’un policier
Source : Bangkok Post, ASEAN Now
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2 commentaires
En essayant de rester malgré tout objectif (pas facile d’avoir une opinion positive sur la RTP, étant donné les scandales à répétition et la réputation d’agents corrompus dans ses rangs depuis toujours…), je trouve que cette jeune femme taïwanaise, médiatiquement connue en Asie, se rappelle d’énormément de détails concernant cette expérience malencontreuse pour une personne soit disant ivre, parce que le chauffeur de taxi a trouvé qu’elle parlait beaucoup et d’une voix élevée…
En général, quand on a la gueule de bois, on a la mémoire qui flanche… d’autant plus que précédemment, les policiers n’ont pas fait mention eux-mêmes de remarques en ce qui concerne un état présumé d’ébriété de cette jeune femme, plus occupés à essayer de trouver un argument légal pour la contraindre à payer une somme d’argent en échange d’une « libération » immédiate.
L’argument employé par les policiers, du « visa » accordé à tout touriste séjournant dans le pays au maximum 30 ou 45 jours selon la nationalité et qu’ils ont jugé, complètement à tort, non-valable n’apporte pas beaucoup de crédit aux affirmations de la police…
Encore une fois, cette enquête est entachée de fausses déclarations, de démentis, de témoignages douteux, et tout cela tendrait à prouver que la vérité se trouve du côté de l’actrice taïwanaise.
Il est remarquable de constater que plus de 48 h après les faits, la police ne parle pas des témoignages des autres passagers du taxi.
Tout cela n’est décidément pas clair du tout, comme d’habitude quand une enquête implique des faits et des comportements douteux de la part de certains membres des forces de police thaïlandais.
Il est grand temps de mettre de l’ordre dans tout ça et que les policiers véreux et corrompus soient virés définitivement de la RTP.
On a évoqué la possibilité de constituer un corps de « police des polices » comme cela existe dans de nombreux pays en Europe pour lutter contre les affaires de corruption…
L’idée, bonne en soi, pourrait être menée à bien en Thaïlande, à condition que ces « super-flics » de cette unité soient absolument incorruptibles, notamment en leur octroyant un salaire élevé conséquent et des primes pour les affaires traitées, afin de les dissuader d’accepter des pots-de-vin et d’être eux-mêmes corrompus !!!
Mais ça, c’est une autre histoire…
S’il y avait de la corruption dans la police thaïlandaise, ça se saurait depuis longtemps.