La Banque de Thaïlande (BoT) a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026 dans un contexte international incertain.
Le tourisme est en baisse et le coût des importations augmente en raison de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Dans un entretien accordé à Reuters, la vice-gouverneure de l’institution, Chayawadee Chai-anant, a évoqué une économie sous pression, affectée à la fois par la hausse des coûts énergétiques et le ralentissement du tourisme.
Une économie thaïlandaise fragilisée par le contexte international
La Thaïlande, fortement dépendante des importations d’énergie, figure parmi les économies les plus exposées aux conséquences de la guerre impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran.
Cette situation pèse directement sur les prix et sur l’activité économique.
Voir : La Thaïlande parmi les pays les plus exposés à un choc pétrolier mondial
« La tendance sera à la baisse pour beaucoup de choses », a-t-elle déclaré en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington.
Un secteur touristique en net recul
Le secteur touristique, pilier de l’économie thaïlandaise, montre déjà des signes de fragilité.
Les arrivées en provenance des pays du Golfe sont tombées à un niveau quasi nul en mars en raison de la fermeture de plusieurs aéroports dans la région après des attaques iraniennes.
Ces visiteurs représentent habituellement environ 7 % des dépenses touristiques dans le pays.
Autre signal inquiétant : la baisse du nombre de touristes malaisiens, traditionnellement nombreux à se rendre en Thaïlande par la route.
La hausse des prix du carburant freine désormais ces déplacements.
Une croissance revue à la baisse pour 2026
Dans ce contexte, la banque centrale a abaissé sa prévision de croissance du PIB à 1,3 % pour 2026, à condition que le conflit prenne fin au second semestre.
Ce chiffre marque un net recul par rapport aux estimations de décembre, qui tablaient sur 1,9 %.
En février, le gouvernement thaïlandais anticipait encore une croissance comprise entre 1,5 % et 2,5 %.
L’inflation, de son côté, pourrait atteindre 3,5 % dans ce scénario de base.
Des scénarios pessimistes jugés “sans limite”
Malgré des fondamentaux jugés solides avant le début de la crise, l’économie thaïlandaise subit désormais une pression importante.
Chayawadee Chai-anant n’exclut pas une dégradation bien plus marquée si le conflit venait à s’installer dans la durée.
« En ce qui concerne les scénarios les plus pessimistes, il n’y a pas de limites.
La situation est à ce point grave », a-t-elle averti.
Des incertitudes sur la balance courante et les taux d’intérêt
Les perspectives extérieures pourraient également se détériorer.
Alors qu’un excédent courant d’environ 12 milliards de dollars était attendu cette année, celui-ci pourrait finalement être revu à la baisse, voire basculer en territoire négatif.
Concernant la politique monétaire, la Banque de Thaïlande reste prudente.
Une hausse des taux d’intérêt ne serait envisagée que si l’inflation persistait pendant plus d’un an, et même dans ce cas, elle ne serait pas automatique.
Le gouverneur estime en effet qu’un relèvement des taux aurait un impact limité face à une inflation principalement liée à l’offre.
Des marchés financiers sous surveillance mais stabilisés
Enfin, la banque centrale se veut rassurante sur les mouvements de capitaux.
Les sorties observées en février et mars sur les marchés boursiers et obligataires ont été jugées maîtrisables, et les flux sont déjà redevenus positifs depuis début avril.
Bangkok accueillera en octobre les réunions d’automne du FMI et de la Banque mondiale.
Une échéance que la vice-gouverneure considère comme une opportunité pour démontrer la capacité d’adaptation des économies asiatiques face aux crises.
Elle s’est dite confiante dans la résilience du pays :
« Nous pouvons montrer que les pays asiatiques disposent de fondamentaux solides et savent s’adapter rapidement ».
Voir aussi :
En Thaïlande, la guerre contre l’Iran fait déjà flamber le coût de la vie
Songkran booste le tourisme en Thaïlande : 619 000 visiteurs en 7 jours
Source : Bangkok Post
Liens utiles pour préparer votre voyage en Thaïlande
Souscrire une assurance voyage
Réserver bus, train et bateau en Thaïlande
Gérer son argent en voyage avec Wise
Voyage sur mesure avec Evaneos
Vous pouvez nous suivre sur :
Twitter, LinkedIn, Facebook, Google News
4 commentaires
Le tourisme « fragilisé » pour ne pas dire plus…
Mais pendant ce temps-là le gouvernement préfère imposer des taxes à l’arrivée, réduire la durée d’exemption de visa et énerver les HONNÊTES touristes de longue durée qui venaient passer l’hiver en Thaïlande…
Tout ça pour des arguments fallacieux de soi-disant « travail dissimulé », « clandestinité », etc…
Ceux qui sont sur le territoire thaïlandais pour de mauvais motifs font de toutes les manières appel à la corruption pour se maintenir et donc n’ont que faire des nouvelles règles envisagées, les autres qui sont là honnêtement chaque hiver depuis des années sont blâmés par ces politiques complètement déconnectées des nouvelles réalités touristiques…
Ne vous plaignez donc pas de la baisse du tourisme, au-delà du conflit au Moyen-Orient, le gouvernement thaïlandais est pleinement responsable en oubliant le sens de l’accueil et le respect dû à ces touristes longue durée
Des « arguments fallacieux »… qui sont pourtant bien réels…
Les lois ne sont pas faites pour monsieur François mais pour l’ensemble de la population…
Ça n’éradiquera certainement pas tous ces « arguments fallacieux » mais c’est un premier pas…
Je rajouterais aux commentaires d’Hansson que le gouvernement refuse de prendre des initiatives concrètes pour faire baisser le baht.
Car le touriste est pris en étau entre le prix du billet d’avion qui augmente (pour ma part j’ai pris 30% de plus qu’avant la guerre) et un baht trop fort.
Au risque de me répéter, les causes de cette hausse fictive ont été largement documentées et reposent sur les transactions en or ou cryptomonnaies des centres mafieux au Cambodge et en Birmanie.
Le gouvernement actuel comme l’ancien fait l’impasse sur ce sujet.
Et au passage laisse moisir leurs citoyens dans ces centres véreux.
Si rien n’est fait, le tourisme et les millions de gens qui en vivent vont avoir une année très difficile.
Tout à fait, Caïus… depuis le temps que le baht est maintenu quasi « artificiellement » par les hautes instances politiques, économiques et financières du pays pour des raisons qui, comme vous le dites, dépassent les frontières du pays et mettent en scène des manœuvres douteuses entachées de corruption et d’arrangements financiers au plus haut niveau qui profitent à une nomenklatura dirigeante, les « experts » financiers du Royaume arrivent à enfoncer dans la tête de la population qu’un baht sous la barre des 38 bahts pour 1 euro est bon pour le pays !!!
La Thaïlande se portait beaucoup mieux, les commerçants et industriels tous secteurs confondus, du plus petit street-food jusqu’à la multinationale exportatrice, avaient une santé financière bien meilleure, de meilleures perspectives, et des rouages économiques à faible inflation, une stabilité financière et une compétitivité régulière quand le baht s’échangeait entre 40 et 45 baths/1 euro…
Mais certains modèles politiques et surtout leurs dirigeants cupides et corrompus en ont décidé autrement depuis ces 20 dernières années, en distribuant de temps en temps quelques miettes sociales à une population dont on a maintenu le niveau d’éducation et d’instruction au minimum vital pour lui donner l’impression que l’on s’occupait de son bien-être…
La politique thaïlandaise et ses édiles et leaders politiques constituent un magnifique miroir aux alouettes, bien huilé, bien entretenu, de gouvernement en gouvernement, de coup d’État en crise politique, d’élections en démissions… !!!