En Thaïlande, les nouveaux portiques automatiques d’immigration restent inaccessibles à de nombreux voyageurs.
Malgré l’ouverture du dispositif aux ressortissants de 33 pays, dont la France, les conditions d’utilisation restent restrictives.
Voir : Thaïlande : passage accéléré à l’immigration pour 33 pays, dont la France
Selon un reportage publié le 6 novembre 2026 par Khaosod English, des voyageurs signalent jusqu’à deux heures d’attente pour franchir les contrôles à l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok.
Les expatriés et de nombreux touristes exclus des portiques automatiques

Les portiques automatiques de l’immigration à l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok. Photo : The Nation Thailand
Depuis le 18 septembre, les ressortissants de 33 pays et territoires peuvent bénéficier d’un passage accéléré à l’immigration thaïlandaise, sous certaines conditions.
Mais cette modernisation ne concerne pas tous les étrangers.
Selon Khaosod English, les portiques seraient pour l’instant réservés aux voyageurs entrant sous une exemption de visa de 30 jours.
Cette restriction semble toutefois différente des conditions annoncées précédemment, qui mentionnaient également certains visas électroniques.
Pour savoir s’ils peuvent utiliser ces portiques, les voyageurs doivent avant tout consulter le message reçu après l’enregistrement de leur carte d’arrivée numérique TDAC.
Celui-ci précise leur éligibilité au passage automatique, sous réserve des contrôles effectués à l’arrivée.
Les titulaires de plusieurs catégories de visas doivent toujours passer devant un agent d’immigration :
- Les visas Non-O, utilisés notamment par les retraités et certaines familles ;
- Les visas Non-B, principalement pour les travailleurs étrangers ;
- Les visas ED, pour les études ;
- Le visa Destination Thaïlande (DTV), prisé des travailleurs à distance.
Voir : Quel visa pour la Thaïlande ? Le guide complet en 2026
Le journal souligne qu’un passage automatique pourrait entraîner l’enregistrement de leur entrée comme une simple exemption de visa de courte durée, au lieu de leur statut réel.
Les personnes arrivant pour la première fois en Thaïlande, ou utilisant un nouveau passeport qui n’a encore jamais servi à entrer dans le pays, doivent également passer par un guichet traditionnel.
Les ressortissants chinois, premier contingent de touristes en Thaïlande, ne figurent pas parmi les 33 nationalités autorisées.
Les Américains, légèrement plus nombreux que les Britanniques parmi les visiteurs occidentaux, en sont également exclus, contrairement aux Français, aux Britanniques et aux Canadiens.
Jusqu’à deux heures d’attente malgré les nouveaux équipements

Des voyageurs circulent dans le terminal de l’aéroport Suvarnabhumi à Bangkok. Photo : The Nation Thailand
L’installation des portiques ne semble pas avoir supprimé les longues files d’attente à l’aéroport de Suvarnabhumi.
Un journaliste de Khaosod English, arrivé vers 17 heures et non éligible au passage automatique, raconte avoir attendu plus de 45 minutes avant de franchir le contrôle des passeports.
Il précise avoir eu de la chance d’être orienté vers une file plus courte que celles où patientaient de nombreux autres voyageurs.
Sur les réseaux sociaux, des passagers évoquent des attentes comprises entre une et deux heures pendant les périodes de forte affluence.
Ces témoignages ne constituent toutefois pas une mesure du temps d’attente moyen à l’aéroport.
Dans le terminal, les services d’immigration affichent leurs propres normes de traitement :
- Vert : 10 minutes d’attente ;
- Jaune : 20 minutes ;
- Rouge : 30 minutes.
Avec plus de 45 minutes, le journaliste dépassait donc nettement le seuil rouge.
En 2024, le Premier ministre de l’époque, Srettha Thavisin, avait fixé un objectif de 30 minutes maximum entre l’entrée dans la file et l’apposition du tampon sur le passeport.
Le reportage relève également un problème de signalisation.
Une seule affiche précise quels voyageurs peuvent utiliser les portiques.
Elle est placée près des guichets, en tête de file, et non à l’entrée du hall d’arrivée.
Certains passagers découvrent ainsi leur éligibilité après avoir déjà patienté 20 à 30 minutes dans une file classique.
D’autres se dirigent directement vers les portiques sans remplir les conditions requises.
Ils sont alors renvoyés vers les guichets traditionnels et doivent reprendre la file, en perdant leur place initiale.
Un système encore loin de profiter à tous les voyageurs
Le Bureau de l’immigration a pourtant annoncé une forte progression de l’utilisation des équipements.
Entre le 18 septembre et le 31 octobre 2026, 94 760 voyageurs étrangers ont emprunté ces passages automatisés, avec une moyenne quotidienne passée de 744 à 2 125 utilisateurs.
Suvarnabhumi compte actuellement 39 portiques à l’arrivée et 67 au départ.
Mais l’exclusion de nombreuses catégories de voyageurs limite encore les effets de cette modernisation sur les files d’attente.
Khaosod English suggère plusieurs améliorations, notamment l’installation d’une signalisation multilingue dès l’entrée du hall d’arrivée et l’élargissement du dispositif aux ressortissants chinois et américains, ainsi qu’aux résidents étrangers de long séjour.
Pour les Français, la nationalité ne suffit pas à elle seule à garantir un passage accéléré.
Pour les titulaires de visas de long séjour, il reste préférable de suivre les consignes des services d’immigration et de ne pas utiliser les portiques sans confirmation explicite de leur éligibilité.
Voir aussi :
- Les aéroports en Thaïlande pourront ouvrir vos bagages sans vous
- Thaïlande : la réforme des visas fait fuir des touristes, le gouvernement réagit
- La Thaïlande reporte la taxe de départ de 1 000 bahts pour les touristes
Source : Khaosod English
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