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Thaïlande : un Israélien, premier visé par les nouvelles règles d’expulsion

2 commentaires 4 minutes à lire
Anutin Charnvirakul et l'expulsion d'un ressortissant israélien en Thaïlande

Un Israélien condamné pour des menaces est le premier étranger visé par une expulsion dans le cadre des nouvelles règles de la Thaïlande.

Voir : La Thaïlande resserre les règles d’expulsion des étrangers indésirables

Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a signé l’ordre d’expulsion, mais l’intéressé dispose encore de sept jours pour faire appel.

Une première sous les nouvelles règles d’expulsion

Anutin Charnvirakul aux côtés de l'ordre d'expulsion visant Yaacov Ohayon

Le Premier ministre Anutin Charnvirakul et l’ordre d’expulsion visant le ressortissant israélien Yaacov Ohayon. Photo : Khaosod

Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul, également ministre de l’Intérieur, a signé le 5 septembre un ordre d’expulsion visant Yaacov (Jacob) Ohayon, un ressortissant israélien installé à Koh Samui.

Promoteur immobilier, il dirige également une chaîne de sandwicheries sur l’île.

Il est le premier étranger visé par une mesure d’expulsion dans le cadre de la nouvelle réglementation thaïlandaise.

Entrées en vigueur le 28 août 2026, ces nouvelles règles établissent une procédure formelle permettant aux autorités de traiter les dossiers d’étrangers susceptibles de faire l’objet d’une expulsion.

Des menaces après l’affichage d’un drapeau palestinien

Visiteurs devant un drapeau palestinien et messages hostiles liés à Gaza à Koh Samui

Des visiteurs posent devant un drapeau palestinien au Samui Exotic Park, à Koh Samui, tandis que des messages hostiles liés à Gaza ont été adressés aux responsables du parc.

L’affaire trouve son origine dans un conflit autour du Samui Exotic Park, un parc animalier de Koh Samui exploité par une Thaïlandaise et son mari français.

Les propriétaires avaient affiché un drapeau palestinien accompagné du message « Free Palestine » dans leur établissement, provoquant une altercation qui avait ensuite pris de l’ampleur en ligne.

Voir : Thaïlande : le conflit entre un parc et des Israéliens s’envenime

Selon les autorités, Yaacov Ohayon avait publié des messages menaçants et orchestré une campagne d’avis négatifs d’une étoile contre l’établissement.

La propriétaire, Jindarat Sattayapun, avait porté plainte après la publication sur Facebook d’un message l’avertissant que sa vie et sa sécurité physique seraient en danger.

La police avait ensuite arrêté l’Israélien après avoir installé un poste de contrôle devant le Samui Exotic Park.

15 jours de prison avec sursis et 5 000 bahts d’amende

Statue de femme symbolisant la justice, tenant une balance, posée à côté d’un marteau de juge.

Statue de femme symbolisant la justice, tenant une balance, posée à côté d’un marteau de juge.

Le tribunal provincial de Koh Samui a reconnu Yaacov Ohayon coupable en vertu de l’article 392 du Code pénal thaïlandais, relatif aux menaces provoquant la peur ou l’inquiétude chez autrui.

Il avait initialement été condamné à un mois de prison et 10 000 bahts d’amende.

Son plaidoyer de culpabilité a permis de réduire la peine de moitié, conformément à l’article 78 du Code pénal : 15 jours de prison avec un sursis de deux ans et 5 000 bahts d’amende.

Selon l’ordre du ministère de l’Intérieur, ses agissements ont provoqué chez la plaignante un sentiment de peur et d’inquiétude et constituaient une violation de la législation thaïlandaise.

Son comportement jugé contraire à l’ordre public

Les autorités ont estimé que le comportement de Yaacov Ohayon était contraire à l’ordre public, aux bonnes mœurs ou au bien-être public.

Cette appréciation permet aux autorités d’ordonner son expulsion en vertu de l’article 5 de la loi sur l’expulsion de 1956 et des nouvelles règles adoptées en 2026.

Anutin Charnvirakul a donc ordonné à Yaacov Ohayon de quitter le royaume.

La décision n’est toutefois pas encore définitive.

En vertu de l’article 8 de la loi sur l’expulsion, il dispose de sept jours à compter de la notification de l’ordre pour faire appel auprès du Premier ministre.

Il peut demander l’annulation de l’ordre d’expulsion ou solliciter son remplacement par une décision lui permettant de quitter la Thaïlande.

Un nouveau cadre pour expulser les étrangers

Agent de la police de l'immigration thaïlandaise devant une zone sécurisée

Un agent de la police de l’immigration thaïlandaise dans une installation sécurisée. Photo : Romeo Gacad/AFP

La nouvelle réglementation établit les procédures applicables à deux grandes catégories d’étrangers : ceux dont le comportement est considéré comme une menace pour l’ordre public ou le bien-être de la population, et ceux condamnés pour certaines infractions.

Avant son adoption, la Thaïlande disposait déjà de lois permettant d’expulser des étrangers, mais pas d’un cadre procédural permanent spécifiquement consacré à leur mise en œuvre.

Le cas de Yaacov Ohayon constitue la première application signalée de ce nouveau dispositif.

Voir aussi :


Sources : Bangkok Post 1, Khaosod English, The Nation, Bangkok Post 2

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2 commentaires

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Jean Pierre 6 septembre, 2026 - 14 h 23 min

Une mesure d’expulsion pour l’un mais pas pour l’autre.

Il me semble pourtant que le Français à la tête du Samui Exotic Park aurait mérité d’être visé lui aussi par cette mesure…

Réponse
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David 6 septembre, 2026 - 20 h 07 min

Le gérant du parc avait le droit d’apporter son soutien face au génocide, c’est une preuve d’humanité.

Par contre, les menaces de mort, c’est un crime.

Ils peuvent malheureusement tuer des femmes et des enfants innocents en Palestine sans que personne ne puisse les arrêter.

Mais, ils ne peuvent pas menacer de mort ou tuer des critiques en Thaïlande, heureusement !

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