Un tribunal a décidé de libérer un citoyen français aux origines vietnamiennes et indiennes qui a commis une série de meurtres, dont 5 en Thaïlande.
La Cour suprême du Népal a ordonné le mercredi 21 décembre, la libération de Charles Sobhraj, le tueur en série français dépeint dans la série Netflix « Le Serpent », qui est responsable d’une série de meurtres à travers l’Asie.
La Cour suprême a décidé que Sobhraj, 78 ans, qui est en prison dans la république himalayenne depuis 2003 pour le meurtre de deux touristes nord-américains, devait être libéré pour des raisons de santé.
« Le maintenir continuellement en prison n’est pas conforme aux droits de l’homme du prisonnier », peut-on lire dans une copie du verdict consultée par l’AFP.
L’argent gagné grâce à la série lui a permis de s’entourer d’avocats efficaces et a peut-être aussi aidé à convaincre d’autres personnes…
« S’il n’y a pas d’autres affaires en cours contre lui pour le maintenir en prison, cette cour ordonne sa libération d’ici aujourd’hui et (…) le retour dans son pays dans les 15 jours. »
Après une enfance troublée et plusieurs séjours en prison en France pour des délits mineurs, Sobhraj a commencé à parcourir le monde au début des années 1970 et s’est retrouvé dans la capitale thaïlandaise, Bangkok.
Son modus operandi consistait à charmer et à se lier d’amitié avec ses victimes, souvent des routards occidentaux en quête de spiritualité, avant de les droguer, de les voler et de les assassiner.
Suave et sophistiqué, il a été impliqué dans son premier meurtre, celui d’une jeune Américaine dont le corps a été retrouvé sur une plage de Pattaya en bikini, en 1975.
Il a finalement été lié à plus de 20 meurtres.
Ses victimes étaient étranglées, battues ou brûlées, et il utilisait souvent les passeports de ses victimes masculines pour se rendre à sa prochaine destination.
Le surnom de Sobhraj, « le serpent », lui vient de sa capacité à prendre d’autres identités pour échapper à la justice.
C’est devenu le titre d’une série à succès réalisée par la BBC et Netflix qui s’inspire de sa vie.
Il a été arrêté en Inde en 1976, après la mort par empoisonnement d’un touriste français dans un hôtel de Delhi, et a été condamné à 12 ans de prison pour meurtre.
Sobhraj a finalement passé 21 ans en prison, avec une brève pause en 1986 lorsqu’il s’est échappé en droguant les gardiens de prison et a été attrapé à nouveau dans l’État côtier indien de Goa.
Il a affirmé plus tard que l’évasion était un stratagème pour obtenir une prolongation de sa peine et éviter l’extradition vers la Thaïlande où il était recherché pour cinq autres meurtres.
La prison népalaise dans laquelle il est détenu étant surement beaucoup plus confortable que les prisons thaïlandaises.
Voir aussi : Comment David McMillan s’est évadé de la terrible prison surnommée le Bangkok Hilton en Thaïlande
Libéré en 1997, Sobhraj s’est retiré à Paris, mais a refait surface en 2003 au Népal, où il a été repéré dans le quartier touristique de Katmandou et arrêté.
L’année suivante, un tribunal l’a condamné à la prison à vie pour avoir tué la touriste américaine Connie Jo Bronzich en 1975.
Dix ans plus tard, il a également été reconnu coupable du meurtre de la compagne canadienne de Mme Bronzich.
En prison en 2008, Sobhraj a épousé Nihita Biswas, de 44 ans sa cadette et fille de son avocat népalais,
Source : Bangkok Post
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1 commentaire
Si la série « Le Serpent » a respecté la biographie des actes criminels de ce psychopathe multi-récidiviste, et étant donné la décision de libération immédiate pour raisons de santé de Charles Sobhraj et son extradition (vers la France, je suppose, puisqu’il est citoyen français), je serais curieux de suivre ce fait divers dans les jours et les prochaines semaines, afin de connaître les réactions politiques et judiciaires de la Thailande d’une part, qui lui attribue 5 meurtres sur son territoire et qui pourrait demander son extradition pour des crimes pour lesquels il n’aurait pas été jugé, et d’autre part, la position de la France, pays où il devrait y vivre en temps que citoyen français libre, puisqu’il y a purgé les peines de prison pour les délits dont il s’est rendu coupable par le passé.
Étant donné les antécédents criminels de cet individu, la justice française a-t-elle les moyens policiers et juridiques de protéger la population face à cet « Hannibal Lecter » de 78 ans qui a toujours justifié ses crimes selon une logique qui fait froid dans le dos et des exécutions d’un cynisme sans le moindre remord exprimé au cours de sa carrière de tueur en série.
Son état de santé, est-il à ce point dégradé qu’il ne lui resterait plus que quelques semaines ou quelques mois à vivre ?
Ou comme le dit cet article, les revenus de la série télévisée le concernant, lui a-t-il permis de trouver, via des avocats compétents, la faille juridique du droit népalais qui lui a permis d’obtenir cette libération anticipée ?
L’avenir nous dira s’il faut, même âgé de 78 ans, se tenir à l’écart de sa route jonchée de cadavres, car, comme le dit un adage souvent parodié, « un bon psychopathe est un psychopathe mort »…