La Thaïlande affirme avoir identifié environ 2 100 sociétés dont la structure actionnariale pourrait dissimuler le recours à des prête-noms.
Plus de 10 000 autres entreprises doivent encore être examinées, tandis que les autorités enquêtent sur des terrains d’une valeur supérieure à 80 milliards de bahts.
Environ 2 100 sociétés identifiées par les autorités

Des policiers et agents de l’immigration inspectent l’établissement IDA B Domain à Lipa Noi, à Koh Samui, dans le cadre de l’enquête sur un homme d’affaires français et un réseau présumé de prête-noms.
Le gouvernement thaïlandais a présenté le 18 septembre 2026 de nouveaux résultats de son offensive contre les montages impliquant des prête-noms.
Selon le porte-parole du gouvernement, Ekkapob Pianpises, l’examen des structures actionnariales a permis d’identifier environ 2 100 sociétés susceptibles d’avoir recours à ce système.
Plus de 10 000 autres entreprises ont suscité des soupçons et nécessitent des vérifications supplémentaires.
Les informations recueillies ont été transmises aux administrations compétentes afin de déterminer si des infractions ont été commises.
Ces résultats interviennent après le lancement d’une campagne beaucoup plus vaste de vérification des entreprises.
Voir : Prête-noms en Thaïlande : contrôle de 125 622 entreprises dans l’immobilier
Le Département du développement des entreprises (DBD), qui dépend du ministère du Commerce, avait annoncé début septembre le contrôle des données de 125 622 entreprises afin de détecter d’éventuels montages impliquant des prête-noms.
La présence d’actionnaires étrangers ou la détention de terrains par une société ne constituent toutefois pas, à elles seules, la preuve d’une infraction.
Plus de 80 milliards de bahts de terrains concernés

Complexe résidentiel de 2 milliards de bahts à Rayong, lié à une enquête sur des prête-noms chinois. Photo : CIB.
Les investigations concernent notamment la propriété foncière, un domaine dans lequel les étrangers sont soumis à d’importantes restrictions en Thaïlande.
Selon le gouvernement, le ministère de l’Intérieur a découvert des sociétés présentant des éléments laissant penser que des prête-noms pourraient être utilisés pour détenir des terrains d’une valeur totale supérieure à 80 milliards de bahts.
Des procédures judiciaires ont été engagées.
Elles pourraient conduire à la vente forcée des terrains lorsque leur détention illégale est établie.
Le recours à un prête-nom peut notamment consister à faire apparaître un ressortissant thaïlandais comme actionnaire ou propriétaire alors que les capitaux ou le contrôle réel sont exercés pour le compte d’un étranger.
Tous les étrangers concernés n’ont toutefois pas nécessairement conscience de contourner la loi.
Lors d’une opération menée à Hua Hin en août 2026, des étrangers interrogés par la police ont expliqué avoir suivi les conseils de cabinets d’avocats et d’expertise comptable pour créer des sociétés destinées à détenir leurs biens immobiliers.
Selon la police, ils pensaient ainsi être dans la légalité.
Voir : Thaïlande : 13 étrangers arrêtés dans la lutte contre les prête-noms
Les transactions financières et les actionnaires passés au crible

Centre de services du ministère du Commerce thaïlandais.
Plusieurs administrations croisent désormais leurs informations afin de relier les transactions financières, les personnes physiques, les sociétés, leurs actionnaires et leurs propriétés foncières.
Le ministère du Commerce vérifie notamment les actionnaires des personnes morales en comparant leurs informations avec leurs antécédents financiers.
Cette méthode doit permettre de repérer les situations dans lesquelles les ressources financières d’un actionnaire thaïlandais paraissent incompatibles avec les sommes qu’il est censé avoir investies.
Le gouvernement précise toutefois que cette campagne ne vise pas les étrangers qui investissent et exercent leurs activités légalement en Thaïlande.
Les nouvelles immatriculations à risque auraient chuté de 70 %
Le gouvernement affirme également constater une forte diminution des demandes de création d’entreprises considérées comme présentant un risque de recours à des prête-noms.
Selon Ekkapob Pianpises, leur nombre aurait baissé d’environ 70 % depuis le renforcement des contrôles.
La communication gouvernementale ne précise toutefois pas la période exacte utilisée pour calculer cette diminution.
Une offensive qui dépasse les seuls prête-noms

Visuel consacré à la révision de la loi sur la nationalité face aux risques de fraude et aux réseaux de prête-noms. Photo : PR Thai Government
Cette campagne s’inscrit dans une offensive plus large contre ce que les autorités thaïlandaises qualifient de « capitaux gris », une expression utilisée pour désigner des capitaux ou activités économiques liés à des réseaux suspects ou illégaux.
Les enquêtes portent également sur des fraudes à l’identité et l’utilisation illégale de documents thaïlandais.
Voir : Faux pères, faux papiers : la Thaïlande revoit ses règles de naturalisation
Dans la province de Surat Thani, l’opération « Pit Chak Rang Ngao 2 » a récemment conduit à l’émission de 33 mandats d’arrêt.
Vingt-sept personnes ont été arrêtées dans une affaire concernant la délivrance illégale de cartes d’identité destinées aux personnes sans statut d’état civil à des ressortissants étrangers qui, selon la police, n’y avaient pas droit.
Pour les autorités, ces différentes enquêtes doivent permettre d’identifier les réseaux reliant sociétés, fraude documentaire et actifs financiers.
Voir aussi :
- Prête-noms en Thaïlande : 112 entreprises menacées à Koh Phangan
- La Thaïlande gangrenée par la corruption : faux pères, prête-noms…
- La Thaïlande étend sa chasse aux prête-noms étrangers aux restaurants
- La Thaïlande frappe fort contre les prête-noms étrangers : 48 arrestations
- La Thaïlande intensifie sa lutte contre les sociétés prête-noms étrangères
Source : The Nation Thailand
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