Une militante politique de 28 ans est décédé d’une crise cardiaque après une grève de la faim de plusieurs mois en Thaïlande.
L’activiste prête à aller jusqu’au bout pour faire valoir ses idées, avait préparé son testament, signé des documents pour renoncer à un traitement médical et fait don de son corps à la science médicale.
Netiporn Sanesangkhom, 28 ans, également connu sous le nom de « Bung Thalu Wang », qui était en grève de la faim depuis le 27 janvier, est décédé après avoir été transporté à l’hôpital universitaire de Thammasat en état d’arrêt cardiaque le mardi 14 mai, selon l’administration pénitentiaire.
Elle avait été emprisonné pour avoir encouragé la réforme de la monarchie et est décédé mardi, ce qui a suscité une large couverture médiatique internationale.
Les agences de presse BBC, New York Times, Reuters et AP ont toutes couvert l’événement.
Netiporn est décédée à 11 h 22, selon le département, et le ministre de la Justice a ordonné la formation d’une commission chargée d’enquêter sur sa mort dans un souci de transparence.
L’hôpital universitaire de Thammasat a annoncé qu’il procédera à une autopsie de son corps.
Krisadang Nutcharat, un avocat de l’association Thai Lawyers for Human Rights, qui reçoit des financements de La Fondation Nationale pour la Démocratie (NED), a déclaré aux médias que sa famille avait reçu un appel d’un fonctionnaire de l’hôpital de l’administration pénitentiaire à 6 heures du matin.
Le fonctionnaire a informé la famille que Netiporn était tombée inconsciente et que son cœur avait cessé de battre, ce qui avait incité le personnel médical à pratiquer la réanimation cardio-pulmonaire (CPR).
Il a ajouté qu’il avait rendu visite à Netiporn à l’hôpital il y a environ une semaine et qu’il avait découvert qu’elle avait perdu environ 10 kg à la suite de sa grève de la faim.
Elle se plaignait de maux de tête, de douleurs dans tout le corps et d’enflure des jambes.
Prison politique en Thaïlande

Prison thaïlandaise. Photo : Thomson Reuters Foundation
Netiporn a été détenue à l’Institution correctionnelle centrale pour femmes le 26 janvier après avoir été condamnée à un mois de prison pour outrage au tribunal.
Le même jour, le tribunal a révoqué sa caution pour l’accusation de lèse-majesté, en raison de sa participation à une manifestation contre un cortège royal.
Elle a déclaré que sa grève de la faim était un plaidoyer en faveur d’une réforme judiciaire et de l’abolition des prisons politiques en Thaïlande.
Le 2 février dernier, Netiporn a rédigé son testament dans lequel elle lègue ses biens à Thanalop Phalanchai, un ancien militant politique du groupe « Thalu Wang ».
Elle a notamment légué de l’argent liquide et des dépôts bancaires, une montre-bracelet, des boucles d’oreilles et un animal de compagnie.
Ses autres biens comprennent un titre de propriété, des droits de créance et des droits de succession, tous laissés à sa sœur aînée.
Le 8 février, Netiporn a signé un autre document indiquant sa décision de renoncer à un traitement médical pour prolonger sa vie et de faire don de son corps à la science médicale à l’hôpital universitaire de Thammasat.
Une deuxième gréviste de la faim sous surveillance

Photo de l’activiste politique Tantawan Tuatulanon.
Le parti d’opposition Move Forward, qui a également plaidé en faveur d’une réforme de la monarchie, a publié une déclaration affirmant que les gens ne devraient pas être emprisonnés pour leurs convictions politiques.
Par ailleurs, le ministre thaïlandais de la Justice, Tawee Sodsong, a annoncé son intention de rencontrer l’activiste politique Tantawan Tuatulanon, qui a entamé une grève de la faim fin janvier.
Tawee a déclaré qu’il voulait voir de ses propres yeux l’état de santé de Tantawan, après la mort de la militante incarcéré.
Tantawan, qui avait été accusée à deux reprises de lèse-majesté en 2022, a été de nouveau arrêtée le 13 février et accusée de sédition, de violation de la loi sur la criminalité informatique et d’incitation à l’agitation publique.
Ses demandes de mise en liberté sous caution ont été régulièrement rejetées.
Son état de santé se dégrade également, car elle refuse de mettre fin à sa grève de la faim.
Protéger la monarchie

Manifestation de soutien à la monarchie en Thaïlande. Photo : naewna
La monarchie thaïlandaise est largement considérée comme un aspect intouchable et fondamental de l’identité thaïlandaise.
Mais depuis quelques années, des activistes soutenues par des organisations étrangères font campagnes contre la monarchie sur les réseaux sociaux et ils ont réussi à attirer de nombreux jeunes à cette cause.
Il est interdit de critiquer la monarchie, et le fait d’insulter ou de diffamer des membres éminents de la famille royale est toujours passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison en vertu de la loi thaïlandaise sur la lèse-majesté, également connue sous le nom d’article 112 du code pénal.
Ce drame met aussi en lumière le fanatisme de ces jeunes militants, prêt à sacrifier leurs vies pour des causes qui souvent ont de profondes implications géopolitiques qui les dépassent.
Voir aussi :
Le danger des fan(atiques) du parti Move Forward en Thaïlande
Source : CTN News
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8 commentaires
Triste nouvelle.
Pas besoin de commentaire supplémentaire pour cette tragédie.
Je ferai juste remarquer qu’il est rare qu’un pays laisse mourir une citoyenne ou groupe de citoyens, grévistes de la faim, quelles que soient leurs motivations, sans intervenir via une voie de négociation.
Désormais, et aux yeux du monde entier, étant donné le retentissement médiatique mondial de la mort de cette militante opposée à la loi de lèse-majesté, la Thaïlande fait partie de ces pays qui n’ont pas su où voulu éviter cette finalité mortelle.
Je terminerai avec cette citation :
« Derrière la mort volontaire ou la menace de mourir, se profilent souvent des responsabilités inavouées d’individus ou de groupes, de structures ou de rapports sociaux.
Sans vouloir faire de la grève de la faim un assassinat déguisé, on peut la considérer, selon la définition de Durkheim*, comme un suicide altruiste ou un sacrifice*.
Elle est un cri ultime qui, par la violence avec laquelle elle s’adresse à l’humanité, veut dénoncer des situations intolérables.
Cette voix prophétique qui crie dans le désert de ce monde nous invite à une conversion des mentalités et des institutions. (cfr : « L’encyclopédie sur la Mort »).
C’est triste pour cette jeune femme qui a décidé de se suicider pour sa cause.
Était-elle seulement consciente d’être manipulée par des forces étrangères qui ont besoin de faire tomber la monarchie pour prendre le contrôle du pays ?
Lors des révolutions colorées en Thaïlande, mais aussi en Ukraine, en Syrie, en Irak, en Libye et dans de nombreux autres pays, il y a eu des snipers anonymes qui tiraient autant sur les civils que sur les policiers ou militaires chargés de les contenir.
On sait aujourd’hui que c’est une technique de la CIA pour faire monter les tensions et accélérer le changement politique.
Cela a très bien marché en Ukraine pendant la révolution du Maidan, mais aujourd’hui, il y a plein d’articles qui parlent de ces fameux snipers anonymes présents dans toutes les révolutions colorés et la CIA ne peut plus s’en servir.
Par contre, ils ont réussi à convaincre une jeune femme naïve de s’ôter la vie pour servir leurs intérêts.
Et ces vautours sans scrupules utilisent tous leurs arsenal de propagande pour tirer le meilleur parti de ce drame.
Je viens de lire un article de Khaosod qui parle de cette militante et qui explique qu’elle a rejoint le mouvement après avoir lu sur les réseaux sociaux que l’une des 99 personnes décédées lors de la répression contre les manifestants des Chemises rouges en 2010 était un sans-abri abattu par un tireur isolé.
Article de Khaosod
Comme dis dans mon message précédent, les snipers anonymes ont été utilisé dans de nombreuses révolutions de couleur de la CIA pour aggraver les tensions entre pouvoir et manifestants, et faire tomber les gouvernements ennemis.
Thaïlande, Syrie, Yémen… : le syndrome du tireur d’élite symbole des révolutions colorées lancées par les agents de l’OTAN
À l’époque, le gouvernement thaïlandais avait assuré ne pas savoir qui étaient ses sniper anonymes, comme les dirigeants en Ukraine, Libye, Syrie et autres…
Nombre de jeunes thaïlandais ont été manipulé par les informations mises en avant sur les réseaux sociaux comme Facebook, qui ont utilisé les victimes des snipers anonymes (agent de la CIA) pour diaboliser le pouvoir et fanatiser les protestants.
Elle s’est donc suicider après avoir été manipulée lors d’une opération de couleur de la CIA et avoir milité sans le savoir pour les responsables du crime qui l’a choqué.
On peut donc dire sans hésitation que c’est la CIA qui est responsable de sa mort.
Bravo Hervé, enfin quelqu’un de lucide.
L’article original a été modifié lors de sa traduction en langue française.
Nos articles ne sont pas que des traductions, ils sont pour la plupart réécrits et souvent basés sur plusieurs articles, mais on met toujours la source ou les sources d’origines.
Elle a fait son choix.
Heureusement, la grande majorité des thaïs ne le voient pas du même œil !