Plus d’un tiers des sous-districts de Thaïlande manquent encore d’unités de secours médical d’urgence suffisantes.
Le pays manque notamment d’unités médicales avancées et de secouristes qualifiés, alors que l’objectif est d’intervenir auprès des patients critiques en moins de huit minutes.
2 574 sous-districts insuffisamment couverts

Le sénateur Dr Premsak Piayura, président du groupe de travail chargé d’étudier la réforme des services médicaux d’urgence en Thaïlande. Photo : Khaosod
Les données de l’exercice fiscal 2025 montrent que 4 861 sous-districts, soit 65,38 % du pays, disposent d’unités de secours médical répondant aux standards.
À l’inverse, 2 574 sous-districts, soit 34,62 %, ne disposent pas d’unités suffisantes pour répondre aux besoins de la population.
Ces chiffres ont été présentés le 13 septembre 2026 par le sénateur Dr Premsak Piayura, qui préside un groupe de travail chargé d’étudier la réforme de la gestion des crises et des services médicaux d’urgence à l’aide des technologies numériques.
L’étude met en évidence d’importantes disparités entre les différentes régions du pays.
Le Nord-Est affiche la meilleure couverture, avec 75,06 %, devant le Nord avec 71,70 % et le Sud avec 67,68 %.
La région Centre est beaucoup moins bien couverte, avec seulement 46,62 %.
Phuket atteint une couverture de 100 %

Hôpital Vachira à Phuket. Photo : Vachira Phuket Hospital
Les différences sont également considérables entre les provinces.
Phuket arrive en tête avec une couverture de 100 %, devant Lamphun avec 98,04 % et Satun avec 94,44 %.
À l’autre extrémité du classement, Samut Songkhram n’atteint que 27,78 %.
Phra Nakhon Si Ayutthaya affiche une couverture de 29,67 % et Ang Thong de 34,25 %.
Les lacunes sont encore plus importantes lorsqu’il s’agit des unités capables de prendre en charge les urgences les plus graves.
La Thaïlande ne compte en moyenne que 1,76 unité médicale avancée pour 100 000 habitants, soit environ une pour 56 818 personnes.
Seules 39 provinces disposent d’au moins deux unités avancées répondant aux standards pour 100 000 habitants.
Un système d’urgence déjà sous pression en Thaïlande

Des patients pris en charge sur des brancards dans un service d’urgences débordé en Thaïlande. Photo : médecin urgentiste via Facebook
Ces lacunes dans les secours préhospitaliers s’ajoutent aux difficultés déjà observées dans certains services d’urgences des hôpitaux thaïlandais.
En août 2026, un médecin urgentiste avait alerté sur la saturation de son service, confronté depuis plusieurs mois à un afflux de patients malgré la présence de nombreux médecins.
Il décrivait des patients installés sur des brancards, des files d’attente s’étendant jusque devant le service et des équipes travaillant parfois jusque tard dans la nuit sans pouvoir prendre de pause.
Voir : En Thaïlande, un médecin alerte sur des urgences totalement saturées
Les nouvelles données présentées par le groupe de travail du Sénat mettent en évidence un autre problème, situé cette fois en amont des hôpitaux : l’accès aux équipes capables d’intervenir rapidement auprès des patients avant leur transfert.
Seulement 1 790 ambulanciers paramédicaux en Thaïlande

Ambulance à Bangkok.
Le manque de personnel constitue un autre problème majeur.
Selon les chiffres présentés par le groupe de travail, le système compte actuellement 7 449 professionnels de santé spécialisés dans les urgences.
La source recense notamment 1 798 médecins urgentistes, 3 779 infirmiers spécialisés dans les urgences et seulement 1 790 ambulanciers paramédicaux.
Ils sont épaulés par plus de 135 000 personnes, parmi lesquelles figurent 111 605 volontaires des services médicaux d’urgence.
Le système comprend également 92 unités de commandement médical d’urgence et 5 521 unités d’intervention médicale approuvées.
Parmi ces dernières figurent 4 372 unités de base, 1 102 unités avancées et 102 unités spécialisées. Certaines peuvent être classées dans plusieurs catégories.
Près de 10 000 véhicules pour les secours médicaux
La Thaïlande dispose actuellement de 9 841 véhicules affectés aux services médicaux d’urgence.
Parmi eux, 9 641 sont destinés au transport des patients et 200 sont des véhicules de soutien.
Un autre indicateur porte sur les véhicules ayant obtenu une certification : entre 2021 et le 30 juin 2026, 15 092 véhicules ont été certifiés conformes aux standards.
Ce chiffre cumulé sur plusieurs années est donc distinct des 9 841 véhicules actuellement recensés dans le système.
Le 1669 et les outils numériques au cœur du système d’urgence

Personnel infirmier dans un service hospitalier en Thaïlande.
En Thaïlande, les urgences médicales peuvent être signalées au 1669, mais également par des canaux numériques.
L’appel ou le signalement est suivi d’une évaluation de l’état du patient, de l’envoi d’une équipe, des premiers soins sur place puis, si nécessaire, du transport vers un hôpital.
Les autorités s’appuient notamment sur la National Digital Emergency Medical Services Platform (NDEMS), destinée à améliorer la gestion numérique des services médicaux d’urgence.
Le système RNIS est également utilisé pour la gestion des appels et le partage d’informations nécessaires aux équipes d’intervention.
Ces technologies doivent notamment faciliter la localisation des personnes ayant besoin de secours et accélérer la transmission des informations en temps réel.
Des secours médicaux par les airs et par la mer

Une équipe de secours transporte un patient vers un hélicoptère des services médicaux d’urgence en Thaïlande. Photo : PR Thai Government, 2018.
Pour les régions difficiles d’accès, les îles ou les zones où le transport terrestre est compliqué, la Thaïlande développe également le dispositif aérien Thai Sky Doctor.
Au 30 juin 2026, le pays comptait 37 unités d’intervention médicale aérienne.
Entre 2022 et 2026, 956 personnes ont par ailleurs suivi 21 sessions de formation Basic HEMS consacrées aux interventions médicales d’urgence par hélicoptère.
Des services de secours médical en mer sont également développés pour améliorer la prise en charge dans les zones maritimes et insulaires.
Un objectif d’intervention en moins de huit minutes
L’un des principaux objectifs des autorités est de permettre aux patients en situation d’urgence critique de bénéficier d’une intervention dans un délai inférieur à huit minutes.
Mais le groupe de travail estime que plusieurs obstacles empêchent encore d’atteindre cet objectif partout dans le pays.
Il pointe notamment le manque d’unités avancées, la pénurie de personnel qualifié et le nombre insuffisant d’équipes spécialisées dans les accidents vasculaires cérébraux, les urgences cardiaques et les traumatismes graves.
La Thaïlande veut former beaucoup plus de secouristes

Des secouristes conduisent un Français qui s’est jeté d’un balcon à l’hôpital le dimanche 26 octobre 2025. Photo : สยามชล นิวส์
Pour améliorer la situation, le groupe de travail propose d’aider les administrations locales disposant des capacités nécessaires à créer leurs propres unités d’intervention.
Il souhaite également identifier précisément les zones actuellement non couvertes et transformer davantage d’unités de base en unités avancées.
Les propositions prévoient aussi d’augmenter les investissements et les effectifs consacrés aux services médicaux d’urgence.
Le groupe de travail souhaite développer les centres de formation, augmenter le nombre d’évaluateurs et former davantage de « Community First Responders », des intervenants locaux capables d’apporter les premiers secours en attendant l’arrivée d’équipes médicales.
Les procédures accélérées doivent également être renforcées pour les AVC, les urgences cardiaques, les accidents de la route, les catastrophes et les incidents impliquant de grands rassemblements.
Un projet baptisé « Paramedic Sandbox » doit parallèlement accélérer la formation des ambulanciers paramédicaux.
L’objectif est particulièrement ambitieux : faire passer leur nombre de 1 790 actuellement à 7 500 au cours des cinq prochaines années.
Le groupe de travail a approuvé ces propositions, qui doivent désormais être transmises aux commissions compétentes du Sénat pour examen.
À retenir
- 34,62 % des sous-districts thaïlandais ne disposent pas d’unités de secours médical suffisantes.
- Phuket affiche une couverture de 100 %, contre seulement 27,78 % à Samut Songkhram.
- La Thaïlande ne compte actuellement que 1 790 ambulanciers paramédicaux.
- Les autorités visent une intervention auprès des patients critiques en moins de huit minutes.
- Le pays souhaite porter le nombre d’ambulanciers paramédicaux à 7 500 d’ici cinq ans.
Voir aussi :
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Source : Khaosod English
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