Une vaste zone pauvre en oxygène s’est formée dans la partie nord du golfe de Thaïlande, où une prolifération de plancton pourrait aggraver la situation.
Les inondations qui touchent depuis plusieurs semaines plusieurs provinces du centre du pays et Bangkok augmentent les volumes d’eau douce, de sédiments et de nutriments qui se déversent dans le golfe.
Voir : Thaïlande : les inondations persistent, de nouvelles fortes pluies inquiètent
L’hypoxie s’aggrave dans le golfe de Thaïlande

Des panaches de sédiments se déversent dans la partie supérieure du golfe de Thaïlande depuis plusieurs grands fleuves, ce qui peut favoriser une prolifération du plancton. Image : GISTDA
Anukul Buranapratheprat, directeur adjoint de l’Institut des sciences marines de l’université de Burapha, indique que ses recherches montrent une aggravation de l’hypoxie dans la partie nord du golfe.
Il s’agit d’une concentration d’oxygène dissous trop faible pour certains organismes aquatiques.
Une importante zone présentant des niveaux d’oxygène insuffisants pour certains organismes vivant sur les fonds marins y a été observée cette année.
Quatre grands fleuves déversent des sédiments dans le golfe

Le barrage de Chao Phraya à Chai Nat. Photo : Bureau des relations publiques de Chai Nat
L’Agence pour le développement de la géo-informatique et des technologies spatiales (GISTDA) a lancé une alerte après avoir analysé des images prises le 2 octobre par le satellite Sentinel-2B.
Celles-ci montrent d’importantes masses de sédiments brunâtres se déversant dans la partie nord du golfe de Thaïlande depuis quatre grands cours d’eau : le Mae Klong, le Tha Chin, le Chao Phraya et le Bang Pakong.
Ces eaux transportent non seulement de la boue, mais aussi de grandes quantités de nutriments provenant notamment des engrais agricoles et des eaux usées domestiques.
Une fois rejetés dans la mer, ces éléments peuvent favoriser une prolifération rapide du plancton et accentuer les déséquilibres de l’écosystème marin.
Le plancton peut faire chuter le niveau d’oxygène

Plancton observé au microscope. Photo : Dr. D. P. Wilson/Science Source
Le plancton peut se multiplier rapidement lorsque les conditions sont favorables.
Lorsqu’il meurt en grande quantité, sa décomposition consomme l’oxygène dissous dans l’eau et peut aggraver les conditions d’hypoxie.
La GISTDA avertit que la dégradation de l’écosystème côtier peut accentuer ce phénomène et représenter une menace pour les organismes vivant sur les fonds marins ainsi que pour le secteur de la pêche.
L’agence présente ces informations comme une alerte précoce et appelle les secteurs concernés à rester vigilants, à planifier et à analyser l’évolution de la situation.
Elle demande également que les éleveurs côtiers de poissons et de crevettes soient prévenus.
La mer était déjà devenue verte à Koh Larn

Une prolifération de plancton colore l’eau et forme des amas à la surface de la mer autour de Koh Larn, au large de Pattaya. Photo : Pattaya Mail
Cette alerte intervient quelques jours après un épisode spectaculaire observé à Koh Larn, dans la partie nord du golfe de Thaïlande, au large de Pattaya.
Fin septembre et début octobre, des portions de la mer avaient pris une couleur verte particulièrement vive et dégageaient une forte odeur, tandis que d’autres secteurs de l’île restaient épargnés.
Arvut Munhapon, chercheur principal et responsable de la recherche sur l’environnement marin à l’Institut des sciences marines de l’université de Burapha, a expliqué que la coloration visible à l’œil nu était liée à un plancton de type Noctiluca.
Son équipe a effectué des prélèvements d’eau afin d’identifier plus précisément les espèces présentes en laboratoire et de suivre l’évolution du phénomène.
Les proliférations de plancton sont des phénomènes naturels récurrents et durent généralement deux à trois jours.
À Koh Larn, certains touristes ont renoncé à se baigner ou se sont déplacés vers des zones de l’île non touchées.
Une touriste de 29 ans venue de Chiang Mai a expliqué qu’elle n’avait pas osé entrer dans l’eau, par crainte de développer une éruption cutanée.
Des vendeurs de nourriture installés sur la plage ont également constaté une baisse de leur clientèle.
Le réchauffement de la mer pourrait accentuer le phénomène

Touristes sur une plage de Pattaya. Photo : Utapao Rayong Pattaya International Airport Guide
Selon les chercheurs de l’université de Burapha, les proliférations de plancton se sont aggravées dans plusieurs régions du monde avec le réchauffement des océans.
Une eau plus chaude peut contenir moins d’oxygène dissous, ce qui peut accentuer les effets d’une prolifération massive de plancton.
Anukul Buranapratheprat estime que la mousson et El Niño pourraient renforcer cette année à la fois les proliférations de plancton et les conditions d’hypoxie.
Il souligne toutefois que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer précisément le rôle de ces facteurs.
La GISTDA appelle à une gestion plus durable des écosystèmes
Pour la GISTDA, la situation montre à quel point les activités menées sur terre peuvent affecter directement les milieux marins et côtiers.
L’agence appelle à mieux prendre en compte les liens entre les différents écosystèmes, à renforcer la coopération entre les secteurs concernés et à développer une gestion environnementale plus durable.
Voir aussi :
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Sources : Thai PBS World, Reuters via The Standard
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