La loi interdisant les cigarettes électroniques en Thaïlande a suscité des controverses, incitant un ministre à proposer la légalisation du vapotage.
Dans le même temps, la police a lancé des opérations pour réprimer la vente de ces appareils.
Cette décision a été prise à la suite de deux affaires qui ont fait la une des médias thaïlandais dernièrement.
La première concerne une actrice taïwanaise qui a du payer 27 000 bahts (750 euros) de pot-de-vin à des policiers à cause de sa cigarette électronique.
Voir : La police thaïlandaise avoue avoir extorqué de l’argent à l’actrice taïwanaise
À la suite de cela, des guides touristiques ont révélé qu’un officier de police avait demandé à des touristes étrangers de payer 60 000 bahts (1 668 euros) de pot-de-vin, car ils utilisaient des e-cigarettes à Pattaya.
Voir : Des touristes extorqués de 838 euros en Thaïlande à cause de leurs e-cigarettes
Ces affaires ont déclenché un débat public sur la question de savoir si la possession de dispositifs de vapotage devait être illégale.
Les critiques demandent pourquoi ces appareils sont si facilement disponibles dans le pays s’ils sont interdits par la loi.
Le ministre de l’Économie et de la société numériques (DES), Chaiwut Thanakamanusorn, a admis jeudi que les e-cigarettes sont populaires auprès de certains groupes de personnes en Thaïlande et sont légales dans de nombreux autres pays.
« Le vapotage fait désormais partie de leur mode de vie », a-t-il déclaré.
« Dans les pays où le vapotage est interdit par la loi, les gens trouvent toujours des moyens de les vendre et de les utiliser secrètement, ce qui conduit à des entreprises illégales et à des pots-de-vin (parmi les autorités).
Ils sont toujours vendus en ligne et sur les marchés.
Nous devrions cesser de prétendre que le vapotage a été interdit avec succès.
Nous avons encore du mal à gérer le problème.
Plus important encore, je pense que le vapotage devrait être légalisé afin que le gouvernement puisse percevoir des taxes sur les e-cigarettes au profit du public.
Si le vapotage est dépénalisé et que les lois qui y affèrent sont modifiées pour être compatibles avec le mode de vie des gens, cela contribuerait également à prévenir la subornation et la corruption.
Je vais également faire en sorte que la dépénalisation du vapotage soit une politique du parti Palang Pracharath pour les prochaines élections générales », a déclaré M. Chaiwut, qui est également chef adjoint du parti au pouvoir.
Le Pol Maj Gen Theeradet Thammasuthee, commandant du centre d’enquête du Bureau de la police métropolitaine (MPB), a déclaré que le commissaire du MPB, le Pol Lieutenant-général Thiti Saengsawang, a donné l’ordre aux 88 postes de police de Bangkok d’intensifier la répression contre les vendeurs d’e-cigarettes.
Le sergent-major de la police qui a demandé le pot-de-vin de 60 000 bahts aux touristes chinois a été transféré à un poste inactif dans l’attente d’une enquête.
Sa mutation fait suite à un reportage et aux photos associées diffusés mardi sur Channel 3.
Un guide touristique chinois avait envoyé un message aux autres guides de son groupe pour leur dire que des touristes dont il avait la charge avaient été arrêté pour possession d’e-cigarettes par un policier qui avait exigé la somme astronomique.
Après quelques marchandages, la somme avait été réduite à 30 000 bahts.
L’incident se serait produit à Pattaya vers le 28 janvier.
Après avoir pris connaissance du rapport, le général de police Kampol Leelaprapakorn, directeur de la police de Chon Buri, a envoyé une lettre urgente demandant au chef de la police de Pattaya d’enquêter sur cette affaire.
L’enquête a révélé que le policier en question était le sergent-chef Noppakrit Pornwatanathanakij, un agent de la circulation.
Le Pol Maj Gen Kampol l’a transféré mardi hors de Pattaya pour l’aider au centre d’opérations du quartier général de la police de Chon Buri.
Une commission d’enquête a été mise en place.
Le lieutenant-général Trairong Phiewphan, commissaire du bureau des affaires juridiques et des litiges de la police royale thaïlandaise, a déclaré que les e-cigarettes sont interdites en vertu de la loi sur les douanes, de la loi sur le ministère de la Santé publique et d’une annonce publiée par le ministère du Commerce.
Voir : Les cigarettes électroniques sont toujours illégales en Thaïlande en 2025
Le Pol Col Prateep Charoenkul, secrétaire général adjoint du Bureau de la Commission de protection des consommateurs (OCPB), a déclaré que l’OCPB prend des mesures juridiques sévères contre toute personne qui vend des e-cigarettes.
Même si ceux qui les possèdent ne savent pas qu’elles sont illégales, les dispositifs doivent être confisqués et détruits, a-t-il dit.
Patcharapan Prajuablap, secrétaire général de l’Institut de la jeunesse de Thaïlande, a déclaré que les entreprises de messagerie doivent être mieux contrôlées afin que les produits illégaux ne puissent pas être expédiés facilement dans le pays.
Voir aussi :
La loi sur les cigarettes électroniques met en danger les voyageurs en Thaïlande
Source : Bangkok Post
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1 commentaire
Pourquoi est-ce que les E-cigarettes peuvent si facilement être achetées en Thaïlande, alors que leur usage est interdit ?
Je vais me risquer à faire un parallèle avec un problème similaire chez nous : le mazout de chauffage (avec colorant) est interdit pour alimenter les moteurs à combustion des voitures et autres véhicules roulant sur la voie publique (à l’exception des véhicules agricoles quand ils doivent emprunter la voirie en dehors des chemins agricoles).
Mais, bien évidemment, le mazout de chauffage est en vente libre pour un usage domestique, pour chauffer nos habitations.
Le problème est que certains automobilistes l’utilisent frauduleusement pour leur automobile.
On ne peut imaginer une loi qui interdirait la vente de mazout de chauffage dans nos pays occidentaux !!
Par contre, il est possible d’interdire la vente et la détention de cigarette électronique dans les pays où son usage est interdit, comme la Thaïlande ; il suffit d’intensifier et de rendre plus efficaces les contrôles et la répression en appliquant la loi avec une tolérance « zéro »…
Par exemple, on peut imaginer des contrôles systématiques sur les nombreux marchés journaliers, hebdomadaires ou permanents de Bangkok et autres grandes villes touristiques par des couples (homme/femme) d’agents de police en civil, pouvant aborder les étals des marchands sans se faire repérer à 100 mètres de distance ou plus !!!
Mais je crois (en observant le travail des agents de police de mon district) que le laxisme semble être chronique parmi la police thaïlandaise et on en fait juste ce qu’il faut pour justifier sa journée de travail, ce qui permet à beaucoup de contrevenants d’être relativement bien à l’abri d’une répression qui est loin d’être systématique, et cela, dans tous les domaines où la police devrait intervenir pour faire respecter les lois, que ce soit de manière préventive ou répressive.
À l’inverse, se positionner pour autoriser la vente et l’usage de la cigarette électronique résoudrait l’entièreté du problème qui se pose actuellement dans le pays.
Fondamentalement, on peut se demander pourquoi interdire la cigarette électronique et pas la cigarette « tabac », alors que le cannabis est, sous certaines conditions, autorisé à être cultivé et consommées…
Il y a là une incompréhension que je ne m’explique pas !!!