Malgré la signature de l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, les compagnies aériennes et les hôteliers thaïlandais restent prudents.
Si la baisse des cours du pétrole constitue une bonne nouvelle, ses effets sur le tourisme pourraient mettre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à se concrétiser, dans un contexte de basse saison et de ralentissement du pouvoir d’achat.
Les compagnies aériennes attendent une stabilisation durable

Un Boeing 737 de Thai Lion Air décolle. La compagnie a réduit sa capacité de 15 % depuis le début du conflit au Moyen-Orient et attend une stabilisation durable avant d’adapter de nouveau son offre. Photo : Thai Lion Air.
Pour les transporteurs aériens, le retour au calme au Moyen-Orient ne suffira pas à relancer immédiatement l’activité.
Nuntaporn Komonsittivate, directrice commerciale de Thai Lion Air, indique que le taux de remplissage des vols en juin et juillet est inférieur à celui de l’an dernier.
Selon elle, les voyageurs limitent davantage leurs dépenses après les vacances d’avril et du début du mois de mai, traditionnellement très fréquentées.
Même si les États-Unis et l’Iran ont signé un accord de paix mercredi, les prix du carburant aérien ne devraient pas retrouver immédiatement leur niveau d’avant le conflit, malgré le recul des cours du pétrole brut.
Voir aussi : Les prix des carburants en Thaïlande resteront élevés jusqu’à la fin de l’année
Les compagnies aériennes préfèrent attendre que la situation se normalise durablement et que les liaisons aériennes soient pleinement rétablies avant de revoir leurs plans, qu’il s’agisse d’augmenter leurs capacités ou de remettre en service certaines lignes suspendues.
Depuis le début de la guerre dans le Golfe, Thai Lion Air a réduit sa capacité de 15 %.
La compagnie évalue désormais si la baisse attendue des coûts du carburant lui permettra d’ajuster ses tarifs à partir du mois prochain.
Les hôtels restent confrontés à une faible demande

Porte historique de Chiang Mai avec un hôtel en arrière-plan en Thaïlande. Photo : Hotel Chiang Mai
Le secteur hôtelier ne s’attend pas non plus à un rebond immédiat.
Selon La-iad Bungsrithong, conseillère auprès de l’Association thaïlandaise des hôtels, la basse saison 2026 est la plus difficile depuis plusieurs années.
À Chiang Mai, le taux d’occupation moyen ne dépasse pas 40 à 45 %, tandis que certaines destinations enregistrent des niveaux proches de 35 %.
Contrairement aux années précédentes, cette baisse touche désormais toutes les catégories d’établissements, y compris les hôtels cinq étoiles, habituellement plus résistants.
Les hôtels trois et quatre étoiles souffrent du ralentissement du pouvoir d’achat des Thaïlandais, aussi bien pour les voyages de loisirs que pour les déplacements professionnels et les réunions d’entreprise.
Les ménages comme les sociétés privilégient désormais les dépenses essentielles.
Cette prudence se retrouve également sur les marchés internationaux.
Les établissements haut de gamme sont quant à eux pénalisés par la diminution de la clientèle internationale, notamment en provenance d’Europe et des États-Unis, où la hausse du coût du transport aérien a freiné la demande.
La confiance des voyageurs reste à reconstruire

Arrivées de touristes à l’aéroport international de Suvarnabhumi en Thaïlande. Photo : Bangkok Post
Malgré la signature de l’accord de paix, les professionnels estiment que les voyageurs adopteront encore une attitude attentiste jusqu’à ce que la situation géopolitique soit durablement stabilisée.
Les premières indications seront les réservations de juillet et d’août, période qui bénéficie habituellement des vacances scolaires ainsi que de la présence de voyageurs en long séjour, comme les retraités et les nomades numériques.
Selon La-iad Bungsrithong, les mesures gouvernementales destinées à alléger le coût de la vie, notamment le dispositif de co-paiement, profitent avant tout aux dépenses essentielles des ménages.
« Elles aident principalement les ménages à faire face à leurs dépenses quotidiennes plutôt que de leur laisser un budget supplémentaire pour voyager », souligne-t-elle.
Malgré ce contexte peu favorable, le tourisme intérieur continue de progresser légèrement.
Au 31 mai, la Thaïlande avait enregistré 86,7 millions de voyages domestiques, soit une hausse de 1,77 % sur un an.
Bangkok, Chon Buri (Pattaya) et Kanchanaburi demeurent les destinations les plus prisées du pays.
Voir aussi :
- Déficit record en Thaïlande : le tourisme pourra-t-il sauver la croissance ?
- Tourisme : le Vietnam rattrape la Thaïlande beaucoup plus vite que prévu
- Tourisme : la Thaïlande fait-elle fausse route avec la fin du visa de 60 jours ?
Source : Bangkok Post
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