Face à une fréquentation touristique en nette diminution, les commerçants de Pattaya changent de stratégie.
Fini le temps où ils attendaient sagement derrière leur comptoir : désormais, ils sortent dans les rues pour interpeller directement les passants.
Une tendance qui transforme l’atmosphère de la station balnéaire et divise les visiteurs.
Une pression économique grandissante

La walking street de Pattaya. Photo : Travelodge Hotel
Les petites et moyennes entreprises touristiques de Pattaya subissent de plein fouet la baisse du nombre de visiteurs.
Salons de massage, bars et boutiques voient leur chiffre d’affaires fondre, et la clientèle de passage se fait de plus en plus rare.
Pour survivre, les commerçants estiment que l’approche traditionnelle – attendre que les clients entrent d’eux-mêmes – n’est plus viable.
Ils se voient contraints d’adopter une attitude plus directe et proactive pour espérer dégager un revenu quotidien suffisant.
Une présence renforcée dans les rues très fréquentées
Ce phénomène est particulièrement visible dans les zones piétonnes les plus animées de la station, où se concentrent boutiques, établissements de massage et bars.
Les commerçants et leur personnel sortent de plus en plus souvent sur le trottoir pour accoster les promeneurs.
Dans certains cas, ils n’hésitent pas à guider gentiment les touristes vers leurs devantures, espérant capter leur attention avant le concurrent voisin.
La concurrence est désormais une lutte de chaque instant pour attirer les dépenses parfois limitées des visiteurs.
Des touristes partagés entre séduction et gêne
Les réactions des voyageurs face à cette insistance commerciale sont mitigées.
Certains apprécient l’attention et l’approche chaleureuse, y voyant une forme de dynamisme local.
D’autres, en revanche, se sentent mal à l’aise, voire oppressés, notamment lorsque plusieurs commerces se disputent leur clientèle simultanément.
Cette multiplication des sollicitations peut finir par fatiguer certains visiteurs.
Une tactique de survie plus qu’un choix
Malgré les critiques, les commerçants assument cette évolution.
Pour eux, il ne s’agit pas d’une stratégie marketing réfléchie, mais d’une nécessité économique.
Dans un marché touristique ultra-concurrentiel, ils expliquent que se faire remarquer en premier est devenu la clé pour assurer un revenu minimal.
La visibilité et le contact direct avec les passants sont devenus indispensables pour espérer maintenir leur activité.
Voir aussi :
- Tourisme en Thaïlande : la paix au Moyen-Orient ne garantit pas la reprise
- Tourisme : la Thaïlande fait-elle fausse route avec la fin du visa de 60 jours ?
- Il se retrouve sans-abri en Thaïlande après le vol de son argent à Pattaya
- Pattaya : un hacker Européen a piégé des touristes avec une arnaque inédite
Source : Pattaya Mail
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6 commentaires
Le fait de se faire interpeller, solliciter, parfois avec insistance jusqu’à prendre le client potentiel par la main pour le retenir et l’inviter avec insistance dans son établissement n’est pas nouveau, ni à Pattaya, ni à Bangkok, ni à Phuket, surtout au niveau des bars à bières, salons de massage, karaokés et Go-Go bars, dont les filles très légèrement vêtues « racolent » et kidnappent littéralement les clients potentiels qui passent dans leur rue…
Ce qui a changé, c’est la notion de nécessité économique en ces temps secoués par des conflits armés qui ont pour conséquence principale un déséquilibre géopolitique et économico-financier, ce qui se traduit pour les pays du sud-est asiatique, à une situation-frontière entre le statut de pays développé et celui de pays en voie de développement.
Et cette précarité de statut ne permet pas aux économistes et responsables politiques de s’endormir sur leurs lauriers, mais bien de trouver des solutions à chaque fois qu’un obstacle se dresse pour contrarier et mettre à mal une amélioration du niveau de vie, une augmentation du PIB et une richesse de développement économique et social qui reste un exercice périlleux d’équilibriste…
Alors qu’auparavant, ce racolage de rue se faisait dans la bonne humeur et une entente cordiale entre les établissements, la nécessité économique va tendre vers des tensions sociales de voisinage où chaque client potentiel va devenir l’objet du gagne-pain devenu plus rare, pouvant conduire à des affrontements verbaux ou physiques, tout comme une meute de loups qui se disputent la même carcasse d’un jeune faon !!!
Il ne faudra pas s’étonner de voir fleurir de nouveaux faits divers de rixes et bagarres entre serveuses ou masseuses, entre personnel de restaurants et autres commerces directement liés au tourisme international pour s’accaparer ce qui était un touriste « bon samaritain » et qui devient une source de revenus potentiellement indispensable à la survie d’un emploi ou à l’existence de son lieu de travail !!!
C’est la dure loi de l’offre et de la demande, accompagné une fluctuation des prix des services à la hausse ou à la baisse selon les nécessités basiques de (sur)vie…
On est loin de la « mélodie du bonheur » d’une époque où tout le monde, il était beau… tout le monde, il était gentil.
D’après Anutin sur le Bangkok Post aujourd’hui, je cite : « La Thaïlande sera riche dans 12 ans… » Donc soyez un peu patient, il vous l’a promis, ça sera fait…
Sinon. Hormuz à nouveau fermé, crackdown dans tous les sens, réduction à 30 jours pour les visas et refoulement à l’entrée du pays pour beaucoup, et tout ça faisant la une de pas mal de journaux internationaux.
Je leur souhaite pas, mais ils vont rentrer dans le dur un petit moment, je pense.
Bonjour Michel,
Sur l’info du Bangkok Post, voir : Comment la Thaïlande veut devenir un pays riche d’ici 2038
Déjà que Pattaya était une destination peu recommandable…
Si maintenant, en plus des p*tes, des «masseuses», des « serveuses de bar », etc… les commerçants vous interpellent et vous «guident» jusqu’à leur magasin, ça va devenir invivable et donc encore moins fréquentable…
À quand le grand ménage pour faire (re)devenir Pattaya une station balnéaire sympa et familiale ?
Même si Pattaya a toujours eu ce label « peu recommandable », attribué jadis par un guide célèbre dont les enquêteurs disaient tout le mal qu’ils pouvaient entre deux prestations avec des travailleuses sociales des soi les plus chauds.
Début des années 2000, j’y ai vécu plus d’une année, en banlieue, mais aussi quelques mois à l’espace francophone à la fin de la sulfureuse Walking Street.
Oui, c’était encore sympa et… familial (même si ce dernier qualificatif peut étonner) !
20 ans après, je trouve cette ville méconnaissable, même si « l’attraction » principale reste inchangée.
Pour en revenir à ces interpellations de passants, comme déjà dit, ce n’est pas d’aujourd’hui, mais, avec la basse saison, plus basse que jamais, ça devient constant, souvent lourd et agressif.
Et ceci n’est plus une exclusivité de Pattaya.
À Hua Hin, aussi, « ils ont faim », comme me disait récemment un résident, mais restent reconnaissants à leur gouvernement qui prend les bonnes décisions concernant les mauvais farangs, qui restent trop longtemps et ne dépensent pas assez.
Désolé de vous contredire, mais pour moi qui viens d’arpenter les rues de Pattaya pendant une semaine, aucun commerçant (autres que les inévitables employés des boutiques de tailleurs et les charmantes masseuses devant leur salon) ne m’a interpellé.