Les résultats d’un test de laboratoire ont montré que le riz stocké depuis dix ans en Thaïlande est toujours propre à la consommation.
Mais, ce test contredit un autre test effectué par un expert en chimie organique bien connu, qui a affirmé avoir trouvé des aflatoxines (champignons qui pourraient entrainer un cancer du foie) dans le riz.
Le gouvernement va donc poursuivre son projet de vente aux enchères du riz provenant du programme de Yingluck Shinawatra.
Le vice-premier ministre et ministre du Commerce, Phumtham Wechayachai, qui est en voyage en Italie, a déclaré :
« Un test effectué par un laboratoire privé sur des échantillons prélevés dans les deux entrepôts de Surin où le riz est stocké a montré qu’ils étaient exempts d’aflatoxines et d’autres résidus chimiques. »
Les échantillons ont été envoyés par un journaliste d’un média privé.
« Je suis heureux de ce résultat, d’autant plus que les échantillons ont été envoyés par des journalistes », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que les échantillons ont également été envoyés au Département des sciences médicales (DMSc) pour une analyse plus approfondie.
Sans attendre le résultat des tests plus approfondis, M. Phumtham a indiqué qu’il avait chargé l’Organisation des entrepôts publics de préparer les termes de référence et de rédiger les contrats pour la vente aux enchères.
Le Dr Yongyot Thammavudhi, directeur général du DMSc, a déclaré dimanche que le département avait fini de tester les échantillons de riz provenant du ministère du Commerce.
Le résultat sera annoncé lors d’une conférence de presse ce lundi 20 mai.
Le Premier ministre Srettha Thavisin a déclaré que le gouvernement souhaitait qu’une agence neutre examine la qualité du riz afin de déterminer s’il est apte à l’exportation.
« Si les acheteurs veulent que nous contrôlions la qualité du riz, nous sommes prêts à le faire.
Le riz en bon état et exempt de contamination chimique atteindra un prix élevé », a déclaré le Premier ministre.
M. Phumtham a insisté pour que le gouvernement vende aux enchères les 15 000 tonnes de riz restantes du programme de l’administration de l’ancienne Première ministre Yingluck Shinawatra, qui s’est soldé par des pertes, afin que le gouvernement puisse gagner de l’argent.
M. Phumtham a déclaré que la vente aux enchères devrait rapporter environ 270 millions de bahts (6,83 millions d’euros) et réduire les coûts de stockage, qui peuvent atteindre 380 000 bahts (9 621 euros) par mois.
Il a ajouté que le riz devrait être exporté vers l’Afrique où déjà la population de plusieurs pays africains s’inquiète de recevoir ce vieux riz thaïlandais et de ses effets sur la santé.
Labaeka, un nigérien qui utilise le pseudo @labeakai, a tweeté sur X :
« Comme d’habitude, l’Afrique est parfaitement placée pour servir de dépotoir. »
Voir : Thaïlande : comment un programme populiste a dévasté le marché du riz ?
Comestible ou non comestible ?

Au début du mois, M. Phumtham a conduit un groupe de fonctionnaires et de journalistes pour inspecter deux entrepôts de riz dans la province de Surin, dans le nord-est du pays, afin de montrer que le riz stocké il y a dix ans était toujours comestible.
Le ministre a déclaré que le riz des deux entrepôts avait été soigneusement conservé et fréquemment fumigé, tandis que les entrepôts étaient scellés pour empêcher les parasites et l’eau de pluie de pénétrer à l’intérieur.
Mais les critiques ont fait valoir que le riz semblait être en « bon état » parce qu’il a subi de multiples cycles de fumigation pendant plus d’une décennie.
Si le riz doit être fumigé tous les deux mois, il a subi au moins 60 cycles de fumigation, ce qui, selon les critiques, est dangereux pour la santé.
Weerachai Phutdhawong, un expert en chimie organique bien connu à qui un média a demandé de tester des échantillons prélevés dans les entrepôts de Surin, a également affirmé avoir trouvé des aflatoxines dans le riz.
Les aflatoxines ont été associées à un risque accru de cancer du foie.
Les critiques s’inquiètent également de l’effet de la controverse sur la réputation du riz thaïlandais à l’étranger.
Source : Bangkok Post
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2 commentaires
Pour moi, non merci.
Afin de garantir l’indépendance des tests, la meilleure solution, si toutefois des acheteurs sont intéressés par ce riz, c’est de les laisser eux-mêmes effectuer des tests indépendants (choix aléatoire des échantillons et choix du laboratoire internationalement reconnu) avant la vente. Jusqu’à présent, apparemment seuls des tests ont été effectués en Thaïlande, par des spécialistes et dans des laboratoires thaïlandais qualifiés « d’indépendants » avec des résultats contradictoires.
Les tests effectués se contredisant d’un par rapport à l’autre, qu’on laisse toute liberté aux acheteurs éventuels pour leur permettre de prélever des échantillons et de faire leurs propres tests, en dehors de toute pression politique ou médiatique.
Je doute que cette possibilité soit envisagée par le gouvernement thaïlandais et puisse être autorisée par ce dernier.
Les buts politiques de ce brusque revirement de situation concernant ces tonnes de vieux riz de l’époque Yingluck Shinawatra portent la marque au fer rouge du patriarche revenu aux affaires, il y a peu et qui tout doucement place ses pions pour les prochaines élections législatives en essayant de valoriser et de légitimer l’opération financièrement désastreuse orchestrée à l’époque et censée venir en aide aux agriculteurs et producteurs de riz en manque de rentabilité, tout cela dans le but de rendre à Yingluck une légitimité politiquement et socialement correcte aux yeux de la population thaïlandaise, ce qui lui permettrait, à terme, d’obtenir comme pour son frère ainé, Thaksin, les grâces et pardons du gouvernement et de la Royauté.
Ces tonnes de riz constituent donc un symbole important et sera donc, sauf catastrophe médiatique internationale, vendu au final, afin d’effacer définitivement les raisons de sa condamnation pénale pour avoir dilapidé l’argent public sous soupçons de corruption étatique…
Suite au prochain épisode !!!