La Thaïlande entre dans une phase de fragilité économique accrue alors que les tensions géopolitiques mondiales pèsent sur les marchés.
Le royaume, pourtant éloigné des zones de conflit, reste particulièrement exposé aux chocs extérieurs en raison de sa dépendance énergétique, de son endettement élevé et d’une croissance déjà ralentie.
Voir : Thaïlande : carburant cher, inflation, tourisme en baisse… l’économie vacille
Selon Kongkiat Opaswongkarn, directeur général de Asia Plus Group Holdings, certaines opportunités d’investissement subsistent, mais les risques augmentent nettement.
Une économie thaïlandaise jugée vulnérable

Le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé sa prévision de croissance de la Thaïlande pour 2026 à 1,5 %, soulignant les fragilités persistantes de l’économie du royaume.
Le Fonds monétaire international (International Monetary Fund) a revu à la baisse la semaine dernière sa prévision de croissance du PIB thaïlandais pour 2026, désormais limitée à 1,5 %.
Ce niveau reste inférieur à celui de nombreux pays de la région et reflète les fragilités persistantes de l’économie thaïlandaise.
L’endettement des ménages demeure élevé, tandis que la dette publique atteint environ 66 % du PIB.
« Même si la Thaïlande n’est pas sur le champ de bataille, la structure de son économie fait qu’elle en subit de plein fouet les conséquences », a déclaré M. Kongkiat.
La dépendance au pétrole inquiète

Pétrolier thaïlandais. Photo : Bangchak Corporation
La Thaïlande dépend du Moyen-Orient pour environ 52 % de ses importations d’énergie, ce qui la rend particulièrement sensible à une hausse durable des prix du pétrole.
Selon Asia Plus, les précédentes crises pétrolières de 1973, 1979, 1990 et 2022 ont montré le même schéma : perturbations de l’approvisionnement, flambée des prix de l’énergie, inflation accrue et ralentissement mondial.
La hausse du pétrole augmente les coûts de production et de transport, réduit le pouvoir d’achat des ménages et pèse sur les marges des entreprises.
« Lorsque les prix de l’énergie augmentent, ce n’est pas seulement le pétrole qui devient plus cher.
C’est le coût de la croissance économique elle-même », a expliqué M. Kongkiat.
Le ralentissement mondial en toile de fond
Dans ce contexte, le FMI a également abaissé sa prévision de croissance mondiale pour 2026 à 3,1 %.
Pour Asia Plus, les conséquences dépassent largement les seuls marchés énergétiques.
« Les répercussions s’étendent au-delà des marchés de l’énergie, risquant de peser sur la confiance des investisseurs, la consommation et l’activité économique au sens large », a indiqué M. Kongkiat.
Des opportunités malgré les risques

Un investisseur examine un affichage numérique des cours boursiers. Photo : Bangkok Post
Asia Plus estime toutefois que cette période fragile peut aussi créer des opportunités sélectives, notamment grâce au retour de flux de capitaux vers les marchés émergents, dont la Thaïlande.
La société de courtage prévoit un bénéfice par action de 95 bahts pour les entreprises cotées en 2026, soit une progression de 7,2 %, avec un objectif de fin d’année de 1 580 points pour la Bourse thaïlandaise.
« Les crises n’éliminent pas les opportunités.
Elles déplacent simplement l’endroit où se trouvent ces opportunités », a déclaré M. Kongkiat.
Tourisme, technologie et diversification privilégiés

Voyageurs dans l’aéroport international de Suvarnabhumi Photo : Bangkok Post
Après un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, les marchés ont retrouvé un certain appétit pour le risque à court terme.
Les secteurs considérés comme bénéficiaires sont la technologie, l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, la consommation et le tourisme.
Asia Plus recommande dans ce contexte une stratégie équilibrée composée de 55 % d’actions, 30 % de titres à revenu fixe et 15 % d’actifs alternatifs.
« Le succès ne réside pas dans la capacité à prédire parfaitement le marché, mais dans la construction de portefeuilles résilients capables de résister à l’incertitude », a conclu M. Kongkiat.
Voir aussi :
Surprise : Moody’s relève la perspective de la Thaïlande de négative à stable
Pourquoi la Thaïlande veut conclure vite un accord de libre-échange avec l’UE
Thai Airways réduit ses vols en mai : l’Asie et l’Europe touchées
Source : Bangkok Post
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1 commentaire
Rien de neuf dans cette analyse et cette situation instable, due à une géopolitique conflictuelle qui se prolonge et qui s’installe pour le moyen et peut-être le long terme :
Plus le conflit du Moyen-Orient s’éternise, au plus ses conséquences se répercuteront de plus en plus largement sur tous les secteurs de l’économie mondiale, frappant tous les pays de manière diverse et aléatoire selon les spécificités économiques et les dépendances particulières des États vis-à-vis des matières premières qui sont prioritaires pour une économie équilibrée et florissante…
Dans le cas du conflit au Proche-Orient, c’est évidemment l’approvisionnement et la dépendance en énergies fossiles (pétrole et gaz) des pays de la planète qui entraînent une inflation et une hausse générale des prix à la consommation sur toute la chaîne économique, avec un effet boule de neige qui bouleverse un équilibre mondial qui était déjà en bien mauvaise situation.
S’il y a une leçon à retenir de ce conflit pour tous les pays dépendants de cette région pour leur équilibre énergétique, dont la Thaïlande fait partie, il n’y a qu’un seul chemin à prendre pour éviter qu’à l’avenir cela ne se reproduise : augmenter sa capacité à une autonomie énergétique se rapprochant le plus possible de 100%, en s’orientant vers l’énergie nucléaire et solaire et dans une moindre mesure, éolienne.
Ne plus être esclave, économiquement parlant, de bases énergétiques d’autres pays et s’auto-alimenter par des installations propres et indépendantes au marché mondial sur son propre territoire sera la seule solution à long terme pour diminuer, telle une peau de chagrin, une dépendance énergétique pour la ramener entre 10 et 20 % maximum, tout en continuant à gérer la part de pétrole et de gaz issus des installations off-shore thaïlandaises en tant qu’énergie complémentaire en temps de crise… et cela est valable pour les pays occidentaux et l’Europe en particulier…
Les sources énergétiques ainsi créées de manière autonome amèneront des changements fondamentaux dans les habitudes de vie des citoyens et dans leur manière d’accéder à un nouveau mode de vie de bien-être et de prospérité sociale et économique…
si la volonté politique se manifeste et va dans ce sens à longue échéance !!!