Une découverte troublante dans le Mékong ravive les inquiétudes autour d’une possible pollution à l’arsenic en Thaïlande.
Un poisson présentant d’étranges lésions a été repéré près de Loei et envoyé pour analyse.
Les habitants redoutent désormais de consommer les poissons du fleuve.
Un poisson couvert de bosses découvert dans le Mékong
Des pêcheurs du district de Chiang Khan ont découvert un poisson du Mékong présentant des anomalies inhabituelles sur l’ensemble du corps, suscitant de nouvelles interrogations sur la qualité de l’eau.
Un poisson-chat (pla khae) d’environ 100 grammes pour 23 centimètres a été pêché le mardi 21 avril au matin près de Don Khai.
Son corps était recouvert de bosses visibles, poussant immédiatement les pêcheurs à ne pas le vendre ni le consommer, par crainte d’une contamination toxique.
Le spécimen doit désormais être transmis à un institut de sciences environnementales ainsi qu’aux autorités compétentes afin d’être examiné.
Troisième cas signalé en deux mois

Poisson couvert de cloques pêché dans le Mékong. Photo : Thai PBS World
Channarong Wongla, secrétaire d’un groupe communautaire local réunissant pêcheurs et acteurs du tourisme sur les rives du Mékong, a indiqué qu’il s’agissait du troisième cas similaire signalé au cours des deux derniers mois.
Il a précisé que cette espèce vit généralement près du lit du fleuve et se nourrit de petits poissons.
Selon lui, l’état de l’animal pourrait correspondre à une exposition à des toxines ou à une contamination chimique présente dans le Mékong.
Voir aussi : Thaïlande : découverte de poissons mutants dans le Mékong, alerte arsenic
Des craintes pour la santé et l’activité des pêcheurs

La ville de Chiang Khan au bord du Mékong.
Channarong Wongla a averti que si ces anomalies persistent, elles pourraient affecter les populations de poissons, la sécurité alimentaire des consommateurs ainsi que les revenus des pêcheurs locaux.
Il a appelé les autorités à contrôler rapidement la qualité de l’eau et à identifier l’origine du problème avant que d’autres dégâts écologiques ne surviennent.
Les soupçons ne portent pas sur un incident isolé, mais sur une dégradation plus large des cours d’eau du nord du pays.
Le spectre de la pollution à l’arsenic dans le nord de la Thaïlande

Exploitation minière des terres rares dans la région de Kachin en Birmanie
Ces inquiétudes surviennent après plusieurs signalements publiés ces deux dernières années concernant une contamination excessive par des métaux lourds dans la rivière Kok, dans la province de Chiang Rai.
Cette pollution a été liée à des activités minières en Birmanie.
Voir : La ruée chinoise sur les terres rares en Birmanie empoisonne la Thaïlande
La rivière Kok se jette ensuite dans le fleuve Mékong.
Des opérations minières ont également été signalées sur certains affluents côté laotien, face à Loei, renforçant les craintes d’une contamination transfrontalière du Mékong.
Voir aussi :
Thaïlande : augmentation inquiétante des niveaux d’arsenic dans le Mékong
Thaïlande : l’impact dévastateur de l’arsenic qui pollue les rivières du nord
Nord Thaïlande : les enfants empoisonnés à l’arsenic par les mines birmanes
Source : Khaosod English
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2 commentaires
Exploitations minières de terres rares utilisant l’eau des fleuves et rivières voisines pour les exploitations minières et rejetant les eaux usées sans décontamination :
Le constat est simple et limpide et les conclusions le sont tout autant :
Ces sociétés minières exploitent le sol et sous-sol sans tenir compte des effets potentiels sur la vie et la santé de la faune et de la flore des régions concernées et en aval sur la santé des populations qui dépendent d’une alimentation locale et d’une eau contaminée qui est utilisée ensuite dans les zones agricoles et maraîchères pour la culture du riz, du maïs, des légumes et fruits et abreuvent le bétail et les exploitations avicoles et d’élevage…
C’est toute la chaîne alimentaire locale et d’exportation qui va toucher les populations de plusieurs pays du Sud-Est asiatique. Voilà, le constat est fait, mais depuis 2 ans, rien n’a changé et aucun pouvoir politique d’aucun pays ne se réveille pour prendre des mesures urgentes pour protéger la santé de sa population face à un problème connu de tous et qui va se propager et s’amplifier…
C’est inéluctablement mathématique !
En €urope, nous prenons des risques, mais au pays du sourire (en coin), nous prenons et subissons beaucoup d’autres risques !!!