Les pêcheurs découvrent de plus en plus de poissons mutants dans les rivières du nord de la Thaïlande à cause de la pollution à l’arsenic.
Voir : Thaïlande : niveaux dangereux d’arsenic confirmés dans les rivières du nord
L’association Rivers for Life, qui surveille l’augmentation alarmante du nombre de poissons malades dans la région, a confirmé le 10 juin qu’un nouveau poisson pla kae mutant a été pêché dans le Mékong dans la province de Chiang Rai.
Ce poisson, couvert de cloques, est l’un des nombreux spécimens présentant des signes de maladie découverts dans les rivières Kok, Sai, Ruak et dans le fleuve Mékong, ce qui fait craindre une pollution par des métaux lourds.
Les pêcheurs du nord de la Thaïlande menacés de ruine financière

La rivière Kok dans le district de Mae Ai à Chiang Mai. Photo : Thai PBS World
« Les pêcheurs, déjà confrontés à une chute vertigineuse de leurs ventes, sont désormais menacés de ruine financière », a déclaré Boonsuk Suwandee, un pêcheur de Ban Sop Kham.
« Avant, nous vendions régulièrement notre poisson aux poissonniers.
Aujourd’hui, ils n’en veulent plus.
Nous avons dû nous installer dans les marais pour survivre. »
En attendant, les villageois disent qu’ils sont livrés à eux-mêmes, a déclaré Boonsuk.
« Il ne s’agit pas seulement du poisson, il s’agit de notre avenir.
Nous avons besoin d’aide maintenant, pas d’un autre rapport. »
Une pollution à l’arsenic provenant des mines en Birmanie

Une image satellite montre une vue d’ensemble de la mine de terres rares de West River en Birmanie, le 6 mai 2025. Photo : Maxar Technologies
Au cœur de la crise se trouve la suspicion croissante que des déchets toxiques provenant des activités minières en Birmanie se sont infiltrés dans les cours d’eau.
Bien que les tests en laboratoire effectués récemment n’aient pas officiellement dépassé les limites de sécurité fixées par le gouvernement, ils dressent un tableau inquiétant.
En avril et mai, trois séries de tests effectués sur l’eau et les poissons par le laboratoire central provincial de Chiang Mai ont révélé des niveaux constants de mercure, d’arsenic et de plomb dans les poissons carnivores :
- 11 avril (barrage de Chiang Rai) : arsenic 0,013 mg/kg, mercure 0,09 mg/kg
- 28 avril (Mékong, Chiang Saen) : mercure 0,14 mg/kg, plomb 0,05 mg/kg
- Échantillons prélevés les 1ᵉʳ et 2 mai :
- Pong Na Kham : mercure 0,054 mg/kg, plomb 0,11 mg/kg
- Barrage de Chiang Rai : mercure 0,089 mg/kg
- Rivière Kok, sous-district de Wiang : mercure 0,13 mg/kg
Bien que techniquement conformes aux seuils de sécurité thaïlandais, ces résultats n’ont guère rassuré la population, d’autant plus que les signes visibles de maladie chez les poissons s’aggravent.
L’association Rivers for Life a désormais intensifié ses efforts pour documenter la contamination, en prélevant des échantillons dans tout le bassin nord du Mékong afin de constituer un dossier pour justifier une action.
Son objectif : pousser le gouvernement thaïlandais à fermer les mines soupçonnées de rejeter des déchets toxiques dans le réseau fluvial, a déclaré Somkiat Khuanchiangsa, président de l’association.
« Nous trouvons de plus en plus de poissons présentant des anomalies externes, et notre surveillance confirme que la contamination s’étend.
La situation empire clairement.
Si la présence de substances toxiques est confirmée dans les poissons, leur provenance ne fait aucun doute. »
Il a ajouté que des preuves scientifiques seront présentées pour obtenir la fermeture définitive des mines et contraindre le gouvernement à négocier.
« Il s’agit de la vie et des moyens de subsistance des gens.
Ce n’est pas seulement un problème environnemental, c’est une menace pour la sécurité alimentaire à long terme. »
Malgré l’inquiétude croissante, les agences gouvernementales n’ont pas encore pris de position ferme.
Le ministère de la Pêche a reçu les rapports de laboratoire, mais aucune décision n’a été prise concernant l’application de la loi ou le nettoyage.
Les autorités tentent de rassurer la population, mais les habitants se méfient

La plage de Chiang Rai, à Ban Pangiew, dans le sous-district de Rim Kok, accueille désormais beaucoup moins de visiteurs à cause de la pollution à l’arsenic. Photo : CTN News
Les groupes environnementaux se sont joints aux appels locaux à l’action, exigeant la transparence, une enquête indépendante et une planification à long terme pour restaurer les rivières et protéger ceux qui en dépendent.
Pour beaucoup, la situation a atteint un point de rupture, a déclaré Somkiat.
« Les autorités affirment que la contamination est conforme aux normes, mais les cloques sur les poissons et le plomb dans leur corps racontent une autre histoire.
Les gens ont complètement arrêté de manger les poissons de la rivière. »
Alors que la peur toxique se propage plus vite que les rivières elles-mêmes, les communautés du nord de la Thaïlande exigent plus que des excuses.
Elles veulent des mesures avant que leurs rivières, leurs moyens de subsistance et leur santé ne soient irrémédiablement perdus.
Voir aussi :
La ruée chinoise sur les terres rares en Birmanie empoisonne la Thaïlande
Les Red Wa intoxiquent la Thaïlande : drogue et pollution à l’arsenic
Thaïlande : les rivières empoisonnées à l’arsenic menacent des milliers de vies
Pollution à l’arsenic en Thaïlande : les touristes fuient la plage de Chiang Rai
Thaïlande : une rivière polluée à l’arsenic par des mines chinoises en Birmanie
Source : The Thaiger
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3 commentaires
Le gouvernement s’en fout royalement – ils n’ont ni les moyens – ni l’envie – ni les compétences techniques et encore moins les couilles d’aller toquer à la porte de la Chine et demander un peu ce qui se passe.
Entre ça et les pollutions, des brulis toujours dans le nord – le sud défoncés par le béton – les ordures, l’ambiance générale qui se dégrade rapidement, ça commence à être dur d’envisager un futur serein ici…
Si le pouvoir souhaite faire de la Thaïlande un joyaux et justifier son positionnement moyen/haut de gamme, il va se retrouver devant un grand défi, en plus du problème de remplacement d’espèces par le tilapia…
La Birmanie qui fout en l’air la Thaïlande aujourd’hui et qui lui a volé tout son or au XVIIIe… ben je ne suis pas étonné que mère nature et le temps se sont chargés de ce pays.