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La Thaïlande et l’UE renforcent leur partenariat face à l’incertitude mondiale

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Réception TEBA à Bangkok réunissant des responsables thaïlandais et européens pour renforcer le partenariat Thaïlande–UE

La Thaïlande et l’UE ont affiché leur volonté de renforcer leur partenariat stratégique face à un environnement mondial de plus en plus incertain.

Des responsables politiques de haut niveau et des représentants européens ont appelé à intensifier la coopération dans les domaines du commerce, de la technologie et de la diplomatie scientifique, estimant que la relation actuelle reste largement sous-exploitée.

Une relation à relancer dans un contexte mondial instable

Réunis le mercredi 29 avril lors d’une réception organisée à Bangkok par l’Association des entreprises thaï-européennes (TEBA), plusieurs ministres thaïlandais et l’ambassadrice de l’Union européenne ont souligné la nécessité d’accélérer le rapprochement entre les deux partenaires.

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Sihasak Phuanketkeow, a reconnu sans détour que la Thaïlande avait perdu de son influence au sein de l’ASEAN.

« D’une certaine manière, nous avons disparu des radars », a-t-il admis, évoquant les effets de l’instabilité politique et des changements fréquents de gouvernement sur la continuité des politiques publiques.

Malgré ce constat, il s’est dit confiant dans la capacité de l’exécutif actuel à redresser la situation, mettant en avant une stabilité politique naissante et une équipe gouvernementale compétente.

La diplomatie doit évoluer, avec la technologie au cœur

Pour Bangkok, la politique étrangère doit désormais s’adapter à un monde en mutation rapide.

Sihasak a insisté sur la nécessité d’adopter une approche plus stratégique, rapide et cohérente, orientée vers les intérêts économiques du pays.

Il a notamment plaidé pour une meilleure intégration de la technologie dans la diplomatie, évoquant le concept de « diplomatie scientifique ».

Selon lui, la puissance technologique est aujourd’hui un facteur clé de compétitivité et d’influence à l’échelle internationale.

Un monde en mutation qui impose de nouveaux partenariats

Le président de la TEBA, Pierre Jaffré, a souligné que le monde traverse un changement structurel profond.

« Le monde que nous connaissions n’existe plus. Il n’évolue pas, ne s’adapte pas, il a simplement disparu », a-t-il déclaré, estimant que la fiabilité est devenue un critère central dans les relations internationales.

Dans ce contexte, la Thaïlande et l’Europe apparaissent comme des partenaires complémentaires capables de renforcer leur coopération.

Une relation encore en deçà de son potentiel

L’ambassadrice de l’Union européenne, Luisa Ragher, a elle aussi reconnu que les relations bilatérales n’étaient pas à la hauteur de leur potentiel.

Elle a affirmé vouloir porter ce partenariat à un niveau nettement supérieur d’ici la fin de son mandat.

Sur le plan économique, les échanges commerciaux sont en progression mais restent en deçà des attentes.

En 2024, le commerce bilatéral a atteint 42 milliards d’euros.

En 2025, il a progressé à 45,03 milliards d’euros, soit une hausse de 7,2 %.

Malgré ces chiffres, la Thaïlande, deuxième économie de l’ASEAN, ne représente que le quatrième partenaire commercial de l’Union européenne dans la région.

L’accord de libre-échange au centre des discussions

Les négociations en cours pour un accord de libre-échange entre la Thaïlande et l’Union européenne sont considérées comme un levier majeur pour renforcer la relation.

Huit cycles de discussions ont déjà eu lieu, le dernier s’étant tenu à Bruxelles en février 2026.

Cet accord est présenté comme « transformateur », reposant sur trois piliers principaux :

  • l’accès au marché
  • les règles commerciales
  • la durabilité

Voir : Pourquoi la Thaïlande veut conclure vite un accord de libre-échange avec l’UE

La Thaïlande pousse pour un accord entre l’UE et l’ASEAN

Au-delà des négociations bilatérales, la Thaïlande soutient également l’idée d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’ASEAN.

Une piste évoquée par le ministre des Affaires étrangères, qui estime qu’un accord de bloc à bloc permettrait d’accélérer les échanges et de renforcer l’intégration économique régionale.

Une telle initiative placerait la Thaïlande dans une position stratégique, en la positionnant comme moteur d’un rapprochement économique à grande échelle entre l’Europe et l’Asie du Sud-Est.

L’accord avec l’UE, un tremplin vers l’OCDE

L’ambassadrice de l’Union européenne a également établi un lien direct entre l’accord de libre-échange et les ambitions internationales de la Thaïlande.

Selon elle, les réformes exigées pour conclure un accord avec l’UE – notamment en matière de règles commerciales, de transparence et de durabilité – correspondent précisément à celles nécessaires pour une adhésion à l’OCDE.

Cet alignement renforce l’intérêt stratégique de l’accord pour Bangkok, qui vise à rejoindre l’organisation d’ici 2028 et à atteindre le statut de pays à revenu élevé d’ici 2037.

Voir : La Thaïlande entame le processus d’adhésion à l’OCDE

Trois axes prioritaires pour la coopération

Plusieurs domaines ont été identifiés comme prioritaires pour renforcer la coopération entre les deux partenaires :

  • la résilience des chaînes d’approvisionnement
  • la transition écologique
  • la transformation numérique

Des projets concrets sont également évoqués, notamment dans le secteur de l’énergie, avec le développement d’un réseau électrique régional en Asie du Sud-Est et la promotion de carburants durables pour l’aviation.

Des initiatives liées à la gestion des inondations à Bangkok pourraient aussi bénéficier de financements européens via le programme « Global Gateway ».

Il s’agit d’un vaste plan d’investissement de l’Union européenne destiné à renforcer ses infrastructures stratégiques dans le monde et à offrir une alternative aux « Nouvelles routes de la soie » chinoises.

Une relation fondée sur la confiance et l’action

En conclusion, les intervenants ont insisté sur l’importance de traduire ces ambitions en actions concrètes.

« La confiance ne se construit pas dans les discours, mais dans l’action », a rappelé Pierre Jaffré.

Un message qui résume l’enjeu principal de ce partenariat : passer des intentions à une coopération tangible et durable.

Voir aussi :

La Thaïlande lâchée par les États-Unis se tourne vers la Russie et la Chine

Thaïlande : record historique pour les exportations, en hausse de 18,7 %

La Thaïlande de plus en plus vulnérable face à l’impact de la guerre


Source : The Nation Thailand

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