La mère des victimes accuse la police de l’avoir tenue à l’écart de plusieurs développements majeurs de l’enquête.
Elle affirme avoir découvert par les médias que le dossier avait déjà été transmis au parquet, qu’une accusation de viol concernant sa fille avait été retenue et que les deux suspects avaient comparu devant la justice.
Voir : Thaïlande : le gang qui a tué deux jeunes Russes aurait fait d’autres victimes
La mère dit avoir appris l’évolution de l’affaire dans les médias

Les policiers sécurisent le site de fouilles dans une forêt de Chonburi, où les corps de deux jeunes Russes et de trois membres d’une famille ont été retrouvés enterrés. Photo : The Nation Thailand
Sarina Nazimova, la mère de Diana Nazimova, 22 ans, et Roman Nazimov, 17 ans, a publiquement demandé des explications aux enquêteurs chargés de l’affaire.
Dans un message publié sur TikTok, elle explique que le commissariat de Huai Yai lui avait promis de la contacter lorsque le dossier concernant la mort de ses enfants serait entièrement transmis au parquet.
Elle affirme pourtant avoir appris par les médias thaïlandais que cette transmission avait déjà eu lieu.
La mère dit également avoir découvert dans la presse qu’une accusation de viol concernant Diana figurait désormais parmi les charges retenues.
Selon elle, les enquêteurs lui avaient auparavant indiqué que sa fille n’avait pas été violée.
Les premières informations communiquées par la police allaient d’ailleurs dans ce sens.
Après la découverte des corps, les enquêteurs avaient indiqué que les premiers examens n’avaient révélé aucun indice laissant penser à une agression sexuelle.
Thana Kerdthong avait également nié toute agression sexuelle lors de ses premiers interrogatoires.
Voir : Thaïlande : les jeunes Russes retrouvés morts avec 3 autres victimes
Un suspect reconnaît le viol, l’autre le nie

Thana Kerdthong « Pong », 43 ans, à gauche, et Thongchai Srinil « Thong », 39 ans, à droite, deux suspects poursuivis dans l’affaire du meurtre de Diana et Roman Nazimov près de Pattaya. Photo : Police thaïlandaise
Les deux principaux suspects, Thana Kerdthong « Pong », 43 ans, et Thongchai Srinil « Thong », 39 ans, ont comparu le vendredi 2 octobre devant le tribunal provincial de Pattaya.
Le parquet provincial de Pattaya avait déposé les poursuites deux jours plus tôt, le 30 septembre.
Les deux hommes font face à neuf chefs d’accusation comprenant notamment des infractions liées aux armes et explosifs, l’usurpation de la qualité d’agent de l’État, la séquestration, le vol aggravé, le viol, le meurtre avec préméditation et la dissimulation des corps.
Lors de l’audience, ils ont reconnu plusieurs infractions concernant les armes, l’usurpation de la qualité d’agent de l’État, la détention illégale des victimes et la dissimulation des corps.
Ils ont également reconnu leur participation à un vol nocturne commis en se faisant passer pour des policiers, avec utilisation d’armes et d’un véhicule, ayant entraîné la mort.
En revanche, les deux accusés ont nié le meurtre avec préméditation.
Leurs positions divergent concernant l’accusation de viol de Diana.
Thana a plaidé non coupable, tandis que Thongchai a reconnu cette accusation.
Les accusations les plus graves exposent les suspects à des peines extrêmement lourdes.
En droit thaïlandais, le meurtre avec préméditation ainsi que le viol ayant entraîné la mort peuvent être passibles de la peine de mort.
Le tribunal a refusé leur remise en liberté provisoire en raison notamment de la gravité des peines encourues, de l’opposition du parquet et des risques de fuite ou d’altération des preuves.
Une nouvelle audience est prévue le 20 octobre 2026 à 9 heures dans le cadre de la procédure de protection des droits.
Cette procédure doit permettre aux accusés et aux autres parties de comprendre et d’exercer leurs droits, tout en protégeant notamment l’accès des victimes à la justice et à une éventuelle indemnisation.
« Pourquoi m’a-t-on dit autre chose ? »

La moto des jeunes Russes a été retrouvée démontée et enterrée dans une forêt du sous-district de Huai Yai, à Bang Lamung.
Pour Sarina Nazimova, la reconnaissance du viol par l’un des accusés devant le tribunal soulève de nouvelles questions.
Elle explique avoir dû apprendre dans les médias que sa fille, déjà morte, avait peut-être été violée, avant de contacter elle-même l’enquêteur pour demander quelles preuves soutenaient cette accusation.
La mère veut notamment savoir si des analyses médico-légales confirment le viol, si des examens supplémentaires ont été réalisés et à quel moment de nouveaux éléments seraient apparus.
« Pourquoi m’a-t-on dit autre chose ? », demande-t-elle.
Elle affirme avoir posé ces questions à la police sans avoir reçu jusqu’à présent d’explication suffisamment claire.
Sarina Nazimova précise qu’elle ne rejette pas l’existence éventuelle de nouveaux éléments.
Elle réclame en revanche des réponses écrites et documentées permettant d’établir ce qui a été confirmé par les examens médico-légaux, ce qui repose uniquement sur les déclarations des accusés et ce qui doit encore être tranché par la justice.
Elle affirme ne pas avoir été prévenue de l’audience

La police thaïlandaise escorte l’un des principaux suspects, contraint de porter un casque pour le protéger d’éventuelles représailles de la foule, après son arrestation dans l’enquête sur les meurtres de deux jeunes Russes et de trois membres d’une même famille. Photo : The Nation Thailand
La mère critique également la rapidité avec laquelle le dossier a évolué.
Selon son témoignage, elle avait été informée que le dossier complet devait être transmis au parquet vers la mi-octobre.
Or, les procureurs ont déposé les poursuites le 30 septembre et les deux principaux accusés ont comparu devant le tribunal le 2 octobre.
Sarina Nazimova dit ne pas avoir été informée de cette audience et ne pas y avoir assisté.
Elle affirme n’en avoir appris l’existence qu’après son déroulement, par l’intermédiaire de journalistes.
Elle réclame désormais le droit d’être associée aux procédures concernant la mort de ses deux enfants.
Ces critiques font écho à celles formulées début août par les proches des trois victimes thaïlandaises retrouvées dans le cadre de la même enquête.
La police provinciale de Chon Buri avait alors présenté ses excuses à cette famille pour ne pas l’avoir suffisamment tenue informée de l’avancée des investigations.
Le chef de la police de Huai Yai avait expliqué que certaines informations avaient été gardées confidentielles pour ne pas compromettre l’enquête, tout en reconnaissant que la communication avec les familles aurait pu être meilleure.
D’autres personnes ont-elles participé aux faits ?

Les enquêteurs escortent l’un des principaux suspects lors de la reconstitution qui a conduit à la découverte des corps de deux jeunes Russes et de trois membres d’une famille dans une forêt de Chonburi. Photo : The Nation Thailand
La mère dit conserver plusieurs interrogations concernant des trous qu’elle juge suspects dans certaines images vidéo, des informations contradictoires et la possibilité que d’autres personnes aient participé aux faits.
Cette dernière question intervient alors que deux autres suspects, Chatchanan Pan-iam « Fluke » et Atsadang Chuwong « Ball », ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête élargie.
Ils sont également impliqués dans l’enquête sur une autre affaire après l’arrestation des suspects : le meurtre de trois membres d’une même famille thaïlandaise retrouvés enterrés à environ deux kilomètres du lieu où les corps de Diana et Roman avaient été découverts.
Les autorités traitent toutefois les deux affaires dans des dossiers judiciaires distincts.
Sarina Nazimova demande à la police d’indiquer précisément les vérifications effectuées, les conclusions déjà établies et les questions qui restent encore sans réponse.
Elle assure qu’elle continuera à demander des explications.
Selon elle, elle ne devrait pas être « la dernière personne à apprendre la vérité » sur ce qui est arrivé à ses enfants.
Diana et Roman avaient disparu le 26 juillet

Photos de l’avis de recherche diffusé après la disparition de Diana Nazimova, 22 ans, et de son frère Roman, 17 ans, près de Pattaya, avec le scooter qu’ils utilisaient. Photo : Police thaïlandaise
Diana et Roman vivaient en Thaïlande avec leur mère depuis 2021.
Le 26 juillet vers 4 heures du matin, ils avaient quitté leur domicile à moto pour se rendre dans une supérette avant de disparaître.
Thana Kerdthong et Thongchai Srinil avaient été arrêtés le 31 juillet alors qu’ils se cachaient dans une plantation de longanes de la province de Sa Kaeo.
Les corps des deux jeunes Russes avaient ensuite été retrouvés enterrés dans une zone boisée de Huai Yai, près de Pattaya.
Selon la police, Roman aurait été abattu après avoir opposé une résistance, tandis que Diana aurait été rouée de coups jusqu’à la mort.
L’enquête a également permis de retrouver trois autres victimes, portant à cinq le nombre de personnes retrouvées mortes dans cette affaire.
Voir aussi :
- Thaïlande : la tueuse en série au cyanure condamnée à mort pour la 3e fois
- Thaïlande : le fils d’une star espagnole, condamné à perpétuité pour meurtre
- Thaïlande : un policier tue sa femme dans une maternelle, 44 enfants évacués
Sources : Thaiger, Pattaya Mail, The Pattaya News
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1 commentaire
Ces nouvelles révélations concernant cette affaire sordide, perpétrée par 2 Thaïlandais dont les visages trahissent à eux seuls le degré d’intelligence qui doit se loger dans un petit coin de leur cerveau incommensurablement vide (sans faire de délit de « sale gueule » !), révèlent une fois de plus l’incompétence et l’amateurisme de certains policiers, commandants, officiers ou sous-officiers de police en charge d’enquêtes criminelles dont l’instruction demande une expertise et un professionnalisme de leur part qui sont ici aux abonnés absents…
Devant de telles attitudes vis-à-vis de la famille des victimes de cette affaire et d’une affaire similaire touchant la ou les familles des 3 victimes thaïlandaises, on peut douter que tous les éléments à charge des auteurs de ces viols et meurtres aient été exploités, et il ne faudra pas s’étonner, lors du procès, que le dossier comportera des lacunes, des P.V. bâclés, des éléments laissés pour compte, notamment des analyses techniques, biologiques et biométriques sur les scènes de crimes et lors des autopsies…
Il n’y a pas de statistiques en la matière, et c’est bien regrettable, mais je suis curieux de connaître le pourcentage annuel d’enquêtes policières qui ne sont pas entachées d’erreurs de procédure, d’irrégularités, de lacunes, d’inculpations suite à des aveux obtenus sous la contrainte ou la violence, avec des preuves manipulées, inventées, le tout enrobé d’attitudes et de décisions orientées et équivoques allant du laxisme et de l’incompétence jusqu’à la corruption et la protection de commanditaires faisant partie de la nomenclatura thaïlandaise ou étrangère…
Le problème est général, répétitif et dépasse cette seule affaire qui n’est que la énième, menée de manière suspecte par une partie de l’appareil policier et judiciaire du pays…