La Thaïlande pourrait attirer au moins 15 milliards de dollars d’investissements de Google, selon le Premier ministre Anutin Charnvirakul.
Le chef du gouvernement a annoncé le samedi 7 novembre 2026 que le géant américain souhaitait renforcer sa présence dans le royaume.
Cette déclaration intervient quelques jours après l’annonce d’un investissement géant de Google en Malaisie.
Google pourrait investir autant en Thaïlande qu’en Malaisie

Ruth Porat, présidente et directrice des investissements d’Alphabet et de Google, lors de sa rencontre avec le Premier ministre Anutin Charnvirakul, le 5 novembre 2026 à Bangkok. Photo : The Nation Thailand
Lors de son émission télévisée hebdomadaire, Anutin Charnvirakul a révélé avoir discuté avec les dirigeants de Google des possibilités d’expansion de leurs activités en Thaïlande.
Selon le Premier ministre, Google a déjà investi environ 6 milliards de dollars, soit plus de 200 milliards de bahts, dans le pays.
Anutin a jugé ce montant « trop faible » au regard des ambitions futures de l’entreprise.
Les responsables du groupe auraient indiqué leur intention d’investir au moins autant en Thaïlande qu’en Malaisie.
Le 4 novembre, Google a officiellement annoncé 15 milliards de dollars d’investissements en Malaisie pour 2027 et 2028.
Ce programme prévoit de nouveaux centres de données, le développement des énergies propres, des infrastructures liées à l’eau et la formation d’environ 800 000 Malaisiens aux compétences numériques d’ici 2031.
Le montant de 15 milliards de dollars pour la Thaïlande découle de la comparaison faite par Anutin avec la Malaisie : Google n’a annoncé aucun chiffre équivalent pour le royaume.
Lors d’une rencontre avec Anutin le 5 novembre, le groupe a toutefois réaffirmé son engagement à investir dans le pays, comme convenu précédemment.
Le gouvernement promet des milliers d’emplois et des procédures accélérées

Le Premier ministre Anutin Charnvirakul accueille Ruth Porat, présidente et directrice des investissements d’Alphabet et de Google, le 5 novembre 2026 à Bangkok. Photo : The Nation Thailand
Pour convaincre les grandes entreprises technologiques, le Premier ministre met en avant les infrastructures du pays, sa main-d’œuvre qualifiée, sa stabilité politique, sa position stratégique en Asie du Sud-Est et sa fiscalité compétitive.
Anutin estime que chaque investissement étranger majeur pourrait générer 20 000 à 30 000 emplois pour les travailleurs thaïlandais.
Il s’agit toutefois d’une estimation générale du gouvernement, et non d’un engagement de recrutement annoncé par Google.
À titre de comparaison, Google prévoit que ses nouveaux centres de données en Malaisie soutiendront plus de 37 000 emplois par an pendant leur construction, puis plus de 9 000 emplois par an une fois les installations opérationnelles.
Ces estimations comprennent des emplois directs et indirects.
Les autorités thaïlandaises comptent également faciliter l’implantation des investisseurs grâce au dispositif Fast Track du Conseil de l’investissement (BOI).
Ce mécanisme fonctionne comme un guichet unique destiné à accélérer les démarches des entreprises qui créent ou agrandissent des sites de production.
Anutin a par ailleurs assuré que les investisseurs étrangers bénéficieraient d’un traitement équitable, sans discrimination ni demandes de paiements occultes.
Sur l’intelligence artificielle, le Premier ministre a défendu un principe : l’humain doit contrôler l’IA, et non l’inverse, afin d’éviter que ces technologies ne remplacent les travailleurs.
Le gouvernement souhaite aussi coopérer avec Google dans le cadre du programme « AI for All Thais », destiné à développer les compétences en IA des communautés locales, notamment dans l’agriculture, la santé et l’éducation.
Les besoins en électricité et en eau restent un défi majeur

Centrale électrique de Bang Pakong dans la province de Chachoengsao.
Le développement de Google en Thaïlande s’inscrit dans la stratégie nationale visant à faire du royaume un pôle régional des centres de données et de l’intelligence artificielle.
Lors de la rencontre du 5 novembre entre Anutin Charnvirakul et Ruth Porat, les échanges ont notamment porté sur les règles de consommation d’eau et d’électricité des centres de données, ainsi que sur un projet de guichet unique utilisant l’IA pour traiter les demandes d’autorisation.
Google s’est montré intéressé par cette initiative, indiquant disposer déjà d’un projet similaire utilisant l’IA.
Le groupe souhaite figurer parmi les premières entreprises à adopter ce dispositif et servir d’exemple aux autres investisseurs.
L’expansion rapide des centres de données soulève cependant des inquiétudes concernant leur consommation électrique, leurs besoins en eau et leurs retombées économiques réelles.
Voir : Centres de données en Thaïlande : opportunité ou piège ?
En Malaisie, Google s’est engagé à payer l’intégralité de l’électricité consommée par ses centres de données et les coûts directs de leur raccordement au réseau.
L’entreprise prévoit également de contribuer à l’ajout de plus de 1 gigawatt de capacité de production d’énergie propre.
Ces engagements montrent l’importance des infrastructures énergétiques dans la compétition régionale pour attirer les investissements technologiques.
La Thaïlande doit ainsi trouver un équilibre entre l’attraction de nouveaux investissements et la préservation de ses ressources naturelles.
Voir aussi :
- Face aux inquiétudes, la Thaïlande stoppe 166 projets de data centers
- Thaïlande : chaleur, odeurs, pollution… les data centers inquiètent
- Lancement de Google Cloud en Thaïlande : 38,3 milliards d’euros de retombées attendues
- La Thaïlande et Google renforcent leur coopération dans le numérique
Sources : Bangkok Post, The Nation Thailand, Gouvernement thaïlandais, Google
Liens utiles pour préparer votre voyage en Thaïlande
Souscrire une assurance voyage
Réserver bus, train et bateau en Thaïlande
Gérer son argent en voyage avec Wise
Voyage sur mesure avec Evaneos
Vous pouvez nous suivre sur :
Twitter, LinkedIn, Facebook, Google News